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Julien Assange se réfugie à l’ambassade d’Equateur à Londres

Julian Assange a provoqué un nouveau coup de théâtre en se réfugiant mardi à Londres à l’ambassade d’Equateur, pays à qui il demande l’asile politique après avoir épuisé en 18 mois de bataille juridique tous ses recours au Royaume-Uni pour échapper à une extradition en Suède.

“Je confirme que je suis arrivé aujourd’hui à l’ambassade d’Equateur où j’ai cherché un sanctuaire diplomatique et demandé l’asile politique. Cette demande a été transmise au ministère des Affaires étrangères à Quito”, a déclaré le fondateur de WikiLeaks dans un communiqué diffusé en début de soirée. La police suédoise souhaite entendre l’Australien de 40 ans dans le cadre d’une affaire de viol et d’agressions sexuelles envers deux Suédoises. Julian Assange assure avoir pour sa part eu des relations sexuelles consenties avec les deux jeunes femmes, et se déclare victime d’un complot.

Les Etats-Unis chercheraient, selon lui, à le réduire au silence, après la divulgation par son site WikiLeaks de centaines de milliers de dépêches militaires sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan, puis de câbles diplomatiques par la suite. L’annonce de la demande d’asile avait été faite auparavant par le chef de la diplomatie équatorienne, Ricardo Patiño, à Quito. “Julian Assange a demandé l’asile politique auprès de la mission diplomatique de l’Equateur à Londres” et le “gouvernement équatorien examine cette requête”, a-t-il dit à la presse.

Fin 2011, le vice-ministre équatorien des Affaires étrangères avait déjà suggéré à titre personnel d’offrir l’asile à M. Assange, une proposition finalement rejetée par le président du pays Rafael Correa. Plus récemment, le chef d’Etat équatorien lui avait accordé en avril dernier une interview sur internet. Il y estimait que M. Assange avait été “persécuté, calomnié et lynché médiatiquement”, tout en le décrivant comme l’homme qui avait “mis en échec” les Etats-Unis.

L’ambassade équatorienne, établie dans un quartier chic de l’ouest de la capitale britannique, a confirmé la présence d’Assange dans ses locaux, en précisant examiner la demande d’asile à la lumière des conventions sur les droits de l’homme. “Afin de rendre une décision appropriée, conforme au droit international, concernant la demande de M. Assange, le gouvernement équatorien demandera leurs points de vue aux gouvernements du Royaume-Uni, de la Suède et des Etats-Unis”, a ajouté dans la soirée un porte-parole de l’ambassade.

Les autorités britanniques se sont quant à elles dans un premier temps refusées au moindre commentaire, qu’il s’agisse du Foreign Office, du ministère de l’Intérieur ou de la police. Tant sur la présence d’Assange à l’ambassade que sur la tenue de discussions à son sujet. A la nuit tombée, plusieurs dizaines d’équipes de télévision, de photographes et reporters ont commencé à faire le siège des locaux diplomatiques en briques rouges situé derrière le célébrissime magasin Harrods. Les journalistes ont sonné en vain à la porte et frappé aux fenêtres, mais aucun diplomate n’est venu ouvrir. Aucun dispositif policier n’était visible.

Les possibilités pour Assange d’échapper à une extradition semblent s’être évanouies quand la Cour suprême britannique a rejeté le 14 juin son ultime demande de réexamen. La plus haute instance judiciaire du pays avait alors indiqué que la procédure d’extradition deviendrait applicable à compter du 28 juin. Assange avait encore la possibilité d’introduire un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.

Arrêté en décembre 2010 à Londres, il a constamment exprimé la crainte que la Suède ne l’expédie aux Etats-Unis. Au fil des mois, alors qu’il était assigné à résidence en Angleterre, son image a pâti de ses conflits avec les médias qui l’ont d’abord soutenu, et avec nombre de ses anciens associés à WikiLeaks.

Le site WikiLeaks lui-même, asphyxié financièrement du fait du boycottage des établissements financiers qui recevaient les dons de ses partisans, ne publie plus d’informations fracassantes depuis plusieurs mois.

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