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Justice : décollage en live immédiat

Un énorme buzz, une tournée grandiose, un album qui a fait le tour du monde… Justice s’attaque maintenant à l’univers, rien que ça. Quoi de mieux donc qu’un nouvel album live intitulé A Cross The Universe, accompagné d’un film documentaire sur leur tournée américaine, pour montrer l’intensité cosmique des shows du groupe français et soulever encore un peu plus les foules sur Terre et ailleurs.

Vous sortez un album live. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
C’est une bonne manière de clôturer le premier chapitre de Justice avant d’entamer le deuxième. Le documentaire, comme le CD, sont un bon résumé de l’année 2007/2008 que nous avons passée sur la route et de tout ce que nous y avons appris.

Pourquoi avoir choisi le live à San Francisco plutôt qu’un autre ?
C’était celui qui sonnait le mieux. Nous voulions un CD live qui sonne comme un enregistrement pirate. La plupart des live que nous aimons sont des pirates enregistrés par un mec dans la foule, introuvables pendant des années. Nous voulions la même chose, mais avec un gros son. Nous avons donc demandé à notre ingénieur du son de n’enregistrer qu’avec des micros d’ambiance. Il installait un set de 8 micros à chaque concert et chaque salle sonnait différemment. Nous avons fait de super concerts dans des salles qui sonnaient mal, parfois nous entendions trop le public et d’autres fois pas assez. Finalement, nous avons choisi le live qui a le meilleur son et la meilleure énergie, même si ce n’est pas le plus réussi techniquement.

Que représentent les États-Unis pour vous en tant qu’artistes ?
Quand l’album est sorti, nous n’attendions rien des États-Unis et nous sommes contents d’avoir finalement pu y faire beaucoup de concerts et d’y avoir passé du temps. Cela reste très exotique pour nous, tant pour les paysages que pour les gens que nous y avons rencontrés et les situations dans lesquelles nous nous sommes retrouvés.

Aviez-vous un rêve américain ?
Pas vraiment. Le rêve américain est une formule qu’on utilise juste pour décrire la différence qui existe entre les États-Unis et l’Europe et le fait qu’on cultive beaucoup de fantasmes sur ce pays, parce qu’en France, la culture main stream est principalement américaine.

« Nous voulons partager la musique avec les gens »

Vos concerts sont énormes, la scène est-elle le plus important pour vous ?
Pas nécessairement. Nous avons fait des concerts parce que nous voulions partager une certaine idée de la musique avec les gens. Quand tu fais un disque et que des gens l’achètent, tu partages aussi, sauf que tu n’es pas avec eux. Les concerts permettent d’être là, de donner plus qu’un album et de voir les réactions. Tout est plus intense.

Un film documentaire accompagne l’album live…
Nous sommes revenus avec plus de 200h de rushes, qui ont été réduits à 1h de documentaire. Ce que l’on voit représente donc 0,5 % d’une réalité. Tout cela est monté sans commentaire, ce qui fait qu’il y a plein de manières différentes de comprendre et de scénariser soi-même cette succession de plans. Nous en avons eu l’idée en octobre dernier en revenant de notre première tournée aux États-Unis. Nous trouvions intéressant de faire un documentaire maintenant, alors que nous n’avons fait qu’un seul disque et que nous ne sommes pas connus. Comme nous n’avions fait qu’un album, nous n’allions pas pouvoir parler de musique, et comme nous ne sommes pas connus, nous n’allions pas pouvoir parler de nous en profondeur. Nous avons donc pu faire un documentaire musical sans parler des deux thèmes principaux de tous les docus musicaux : la musique et le groupe. Nous étions excités par ce challenge qui allait nous permettre de faire un docu sortant des standards établis du documentaire musical.

Pourquoi avoir choisi Romain Gavras et So_Me pour le tournage du film ?
Nous les avons choisis pour plusieurs raisons. La première est que nous sommes fans de ce qu’ils font, la seconde est que nous sommes suffisamment proches d’eux pour ne pas être trop perturbés par la présence d’une caméra 24h/24. Il faut avoir confiance pour laisser quelqu’un te filmer constamment, et comme nous ne voulions shooter que 20 jours de tournée, nous ne pouvions pas perdre deux semaines à nous habituer à la présence de la caméra. Ensuite, nous trouvions intéressant le fait que ni l’un ni l’autre n’aient bossé sur un docu avant, ce qui permettait de se libérer des contraintes de structure et de narration d’un documentaire normal.

Quels sont les titres que vous aimez le plus jouer sur scène ?
« Phantom 1.5 «, « Stress » et « Phantom 2 ». Ce sont ceux qui nous ont demandé le plus de concentration, c’étaient les plus durs à faire et nous les rations souvent.

« Le live est très différent de l’album »

Votre meilleur souvenir de concert ?
C’est tout simplement la tournée entière, d’avril 2007 à septembre 2008, l’équipe avec qui nous avons bossé et tous les voyages. Mais si nous devons choisir un de nos meilleurs concerts, c’est celui que nous avons fait au festival Werchter en Belgique l’été dernier. Nous voulions le sortir en live, mais le public fait plus de bruit que la musique.

Votre plus beau souvenir, autre que musical, aux États-Unis ?
L’expérience entière reste unique, surtout une soirée que nous avons passée dans un hôtel à Los Angeles avec Gaspard, So_Me, Romain et Bouchon (notre tour manager) qui a plus ou moins changé nos vies. Il y en a de tout petits extraits non commentés dans le documentaire, vous verrez.

Revenons sur « D.a.n.c.e. ». Comment est née cette chanson ?
C’est l’un des premiers morceaux que nous avons créé pour l’album et avec le recul, nous nous demandons comment nous avons eu la patience de le faire. Il a fallu l’écrire, aller en Angleterre faire passer des auditions pour la chorale d’enfants, réécrire les paroles parce que les premières sonnaient mal une fois chantées, retourner en Angleterre, faire répéter les enfants, les enregistrer, revenir dans notre studio pour produire le morceau… Alors que tous les autres titres ont été faits dans notre studio très simplement.

Quelle différence entre l’électro que vous faites et la pop finalement ?
Aucune, nous avons d’ailleurs plus l’impression de faire de la pop qu’autre chose. Nous disons pop dans le sens « musique immédiate » et même si ce que nous faisons ou jouons ne sonne pas comme de la pop classique, le fait que les gens réagissent immédiatement en concert sur des morceaux qu’ils ne connaissaient pas – le live est très différent de l’album – nous fait penser que c’est en quelque sorte de la pop. Les gens réagissent aux gimmicks, et la pop est faite de gimmick.

Cette interview est tirée du site internet planetecampus.com :
http://www.planetecampus.com/justice-decollage-en-live-immediat-r77-a830.html

Myspace de Justice :
http://fr.myspace.com/etjusticepourtous

 

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