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Karachi : l’Elysée dénonce “calomnie et manipulation politicienne”

La présidence de la République a démenti jeudi tout lien entre Nicolas Sarkozy et le financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur en 1995, dénonçant “calomnie et manipulation politicienne” après la mise en examen de deux de ses proches dans l’affaire Karachi.

Dans un communiqué, l’Elysée a assuré que le chef de l’Etat n’avait “jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne”, dont il était le porte-parole, et que son nom “n’apparaît dans aucun des éléments du dossier” et “n’a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier”. M. Sarkozy est donc “totalement étranger” à cette affaire, “d’autant plus qu’à l’époque où il était ministre du Budget (1993-95), il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure”, a également tenu à préciser la présidence. “Tout le reste n’est que calomnie et manipulation politicienne”, a insisté l’Elysée, en ajoutant que “les familles des victimes de l’attentat de Karachi ont droit à la vérité et au respect de leur souffrance”.

Cette mise au point intervient alors que l’enquête sur le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995 a franchi une nouvelle étape avec les mises en examen successives, mercredi et jeudi, de deux proches du chef de l’Etat, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire. Le magistrat enquête sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, par le biais de rétrocommissions versées dans le cadre de contrats d’armement, mises en lumière dans l’enquête sur l’attentat de Karachi (Pakistan) du 8 mai 2002. Déjà mis en cause à plusieurs reprises dans ce dossier ces derniers mois, le chef de l’Etat a toujours vivement nié toute implication dans cette affaire. En réponse à la question d’un journaliste, Nicolas Sarkozy avait qualifié en juin 2009 de “fable” les soupçons de financement illégal de la campagne électorale de l’ancien Premier ministre. “C’est ridicule (…), c’est grotesque”, s’était-il emporté.

Le chef de l’Etat avait réagi avec la même promptitude en novembre 2010 après des propos de Dominique de Villepin, secrétaire général de l’Elysée de Jacques Chirac au moment des faits, évoquant de “très forts soupçons” de rétrocommissions vers la France en 1995, en marge de contrats d’armement. Par la voix d’un communiqué du secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, aujourd’hui devenu ministre de l’Intérieur, il avait alors rejeté des “insinuations”, des “rumeurs malveillantes” ou des “allégations calomnieuses” qui ne le “concerne en rien”. Juste avant que ce communiqué ne soit diffusé, le chef de l’Etat avait lui-même dénoncé ces accusations, en marge du sommet de l’Otan à Lisbonne. Lors d’une discussion à bâtons rompus avec des journalistes, il avait violemment accusé la presse de le mettre en cause sans preuve.

La mise en examen de MM. Bazire et Gaubert suscite, à sept mois de la présidentielle, de vives critiques à gauche. “Il faudra bien que Nicolas Sarkozy s’explique”, a ainsi estimé Pierre Moscovici (PS), coordonnateur de campagne de François Hollande, alors que Martine Aubry, également candidate à la primaire PS, a vu dans ce dossier “peut-être là l’une des affaires les plus graves de la Ve République”.

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