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Keith Haring

Sous la direction de Gianni Mercurio, cette exposition regroupant 200 œuvres de l’artiste américain disparu en 1990 fait date

Du 22 février au 29 juin 2008 se tient au musée d’art contemporain de Lyon une rétrospective Keith Haring (1958-1990). Le peintre américain, dont les dessins ont été découverts dans le métro new-yorkais par le galeriste Tony Shafrazi, aurait 50 ans cette année. « Cette exposition est la plus grande jamais réalisée sur l’artiste avec 200 œuvres – 110 tableaux et 90 dessins, sculptures et autres – sur 3000 mètres carrés. Les prêts proviennent de deux musées, le Caserta Palais Royal de Naples et le musée de Salzbourg, et de collections privées notamment de la Broad Art Foundation à Santa Monica et de Mitch Rales à Washington », explique Gianni Mercurio, conservateur de l’exposition, spécialiste d’art contemporain américain. Des pièces rares sont montrées, notamment deux grandes toiles figuratives de bouddhas, rappelant l’intérêt de Keith Haring pour la calligraphie, ou encore 30 mètres de plaques de métal dessinées, accolées, provenant du paysage urbain new-yorkais. « Ce sont des œuvres que j’ai pu retrouver dans les collections de la fondation Keith Haring de New York », ajoute le conservateur. La fondation, créée par Keith Haring lui-même en 1989 alors que depuis un an il se savait atteint du sida, est aujourd’hui gérée par son ancienne collaboratrice, Julia Gruen. Les fonds recueillis sont reversés à des organismes de recherche sur la maladie. Pourquoi Lyon ? « Le directeur du musée a vu l’exposition sur Basquiat que j’avais préparée à Milan et m’a proposé de réaliser cette rétrospective. Le travail de Keith Haring a été reconnu en Europe dès le début de sa carrière. Après l’exposition organisée par Shafrazi, il a tout de suite été montré en Europe, à Nice, à Paris, à Amsterdam ou Bordeaux. Les États-Unis ne l’ont reconnu que 10 ans après sa mort avec une grande exposition au Whitney », dit Gianni Mercurio. Ce conservateur indépendant collabore parallèlement au projet de nouveau musée d’art contemporain de Milan, Moca Milano, dessiné par l’architecte Renzo Piano prévue pour 2011.

Des œuvres plus connues que l’artiste

À ses débuts, graphiste publicitaire, Keith Haring développe à partir de 1984 des images symboliques comme son Radiant baby, bébé sur quatre pattes, ou ses images stylisées de bonshommes. « Son projet n’a pas toujours été compris de son vivant, mais la publication de son journal (Keith Haring Journals chez Penguin) a permis de mieux appréhender sa démarche. Il considérait le geste de l’artiste comme une performance artistique mais, pour lui, l’œuvre elle-même appartenait au public. C’est une des raisons pour lesquelles il ne donnait pas de titre à ses œuvres laissant toutes les possibilités ouvertes au spectateur. C’est d’ailleurs une des caractéristiques du travail de Keith Haring : l’homme, l’artiste disparaît devant l’œuvre, son Radiant child est plus connu que le peintre, à la différence d’Andy Warhol dont on connaît le visage. C’est tout le problème du rapport entre l’art et le public que Keith Haring a questionné pendant sa courte vie artistique », conclut Gianni Mercurio qui prépare aussi une exposition sur Warhol au palais du Luxembourg à Paris en 2009. Aujourd’hui l’apport de Keith Haring à l’histoire de l’art n’est plus remis en question. La cote de ses toiles explose depuis trois ans. À Londres, récemment, une peinture a franchi le seuil des deux millions de dollars. Le catalogue de l’exposition de 450 pages, comprenant 500 photos, publié chez Skira vaut le détour, de même que le film réalisé par Christina Klarsen The Universe of Keith Haring qui devrait être prochainement projeté en salle.

Keith Haring, rétrospective
Musée d’art contemporain de Lyon
Cité Internationale, 81 quai Charles de Gaulle 69006 Lyon
www.moca-lyon.org

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