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Kerry revient au Proche-Orient pour tenter de sauver son initiative de paix

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry était attendu mercredi en Jordanie pour tenter de relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes, avec l’espoir de dissiper les doutes tenaces sur ses chances de succès.

Après une étape à Koweït, dans le cadre d’une tournée arabe visant à coordonner l’aide aux rebelles syriens, M. Kerry se rendra dans la soirée dans le royaume hachémite, sa cinquième visite au Proche-Orient depuis sa prise de fonction en février. M. Kerry a affirmé mardi en Arabie saoudite que l’administration du président Barack Obama espérait parvenir à la paix “en dépit de l’ampleur du conflit et des signes contraires”. “Ces négociations devraient commencer aussi vite que possible, en espérant qu’elles aboutissent à deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité”, a-t-il ajouté.

M. Kerry a salué le rôle de l’Arabie saoudite, à l’origine de l’initiative de paix arabe de 2002, qui propose à Israël une normalisation des relations avec les pays arabes en échange de son retrait des territoires occupés depuis juin 1967. Mais le secrétaire d’Etat américain risque de se heurter à un mur en Israël, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui entretenait déjà des relations tendues avec le président Obama, conduit depuis mars une coalition encore plus intransigeante que lors de son précédent mandat.

Le vice-ministre de la Défense Danny Danon, membre du parti Likoud de M. Netanyahu, s’est récemment prononcé contre un Etat palestinien et a affirmé que si cette solution était mise au vote, “la majorité des ministres du Likoud s’exprimerait contre, tout comme le Foyer Juif”, un parti nationaliste religieux héraut de la colonisation dirigé par le ministre de l’Economie Naftali Bennett. M. Bennett a résumé le 17 juin une opinion répandue au sein du gouvernement en comparant la présence des Palestiniens à “un shrapnel dans les fesses qu’il vaut mieux garder, quitte à en souffrir de temps en temps, plutôt que de subir une opération risquée pour se le faire enlever”, en référence à un Etat palestinien.

“Gestes de bonne volonté”

M. Netanyahu a souligné mardi que le “but n’est pas seulement de débuter les négociations” mais de “nous engager dans les négociations pendant une durée sérieuse afin de (…) parvenir à un accord”. Il faisait allusion aux suspicions israéliennes que le président palestinien Mahmoud Abbas finisse par accepter, sous pression américaine, une rencontre avec M. Netanyahu, dans l’intention de gagner du temps ou de lui faire porter la responsabilité d’un échec américain, selon les médias israéliens.

“Certains membres du gouvernement israélien se déclarent ouvertement hostiles à la solution à deux Etats et d’autres, comme Netanyahu, ne le disent pas clairement mais travaillent contre cette solution”, a accusé mercredi le négociateur palestinien Yasser Abed Rabbo. “C’est pourquoi je ne crois pas que Kerry réussira”, a-t-il déclaré à la radio officielle Voix de la Palestine, estimant que “Kerry devra annoncer quelque chose au sujet de sa mission. Il sait que les appels à des négociations sans engagements internationaux ne mèneront à rien”.

Les dernières négociations directes entre les deux parties remontent à septembre 2010 et avaient été très brèves. La direction palestinienne exige pour reprendre les négociations de paix un gel total de la colonisation et une référence aux lignes d’avant l’occupation israélienne des Territoires palestiniens en juin 1967 comme base de discussions. M. Netanyahu – qui recevra jeudi soir M. Kerry à Jérusalem – appelle à des négociations immédiates sans “conditions préalables”, en référence à ces revendications qu’il récuse. Il pourrait néanmoins consentir à des “gestes de bonne volonté”, comme la libération de prisonniers palestiniens ou un gel partiel de la colonisation, selon les médias israéliens.

Washington juge crucial de réaliser des progrès avant la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre, où M. Abbas pourrait relancer ses démarches pour adhérer à des organisations internationales, y compris les instances judiciaires susceptibles de poursuivre Israël, suspendues pour donner le temps à M. Kerry de parvenir à des résultats. Mahmoud Abbas, qui doit s’entretenir vendredi à Amman avec le secrétaire d’Etat américain, a exprimé le 19 juin “l’attachement de la partie palestinienne au succès des efforts de M. Kerry pour sauver le processus de paix”.

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