Subscribe

Kerviel condamné: 3 ans ferme et 4,9 milliards d’euros de dommages

 L’ex-trader de la Société Générale Jérôme Kerviel a été lourdement condamné mardi par le tribunal correctionnel de Paris, qui lui a infligé cinq ans de prison, dont trois ferme, et l’a contraint à payer à la banque des dommages et intérêts colossaux de 4,9 milliards d’euros.

L’ex-trader va faire appel, a annoncé son avocat Me Olivier Metzner, qui a qualifié cette condamnation de “totalement déraisonnable” et d'”invraisemblable”. Au début de son procès, en juin, Jérôme Kerviel, 33 ans, s’est présenté comme “consultant informatique”, au salaire mensuel de 2.300 euros. S’il consacrait tout son salaire au paiement de ces 4,9 milliards d’euros, cela lui prendrait 170.000 années.
Le président de la 11e chambre du tribunal correctionnel, Dominique Pauthe, a déclaré Jérôme Kerviel coupable des trois chefs retenus contre lui: abus de confiance, faux et usage de faux, et introduction frauduleuse de données dans un système informatique. Jérôme Kerviel reste libre pour l’instant, le tribunal n’ayant pas délivré de mandat de dépôt à l’audience.

L’ancien trader a “outrepassé le cadre de son mandat en prenant des positions spéculatives à l’insu de la banque, et dans des proportions gigantesques”, a jugé le tribunal après plus de trois mois de délibéré. “Les éléments indiqués par la défense ne permettent pas de déduire que la Société Générale ait eu connaissance des activités frauduleuses de Jérôme Kerviel (…)”, a déclaré le président de la 11ème chambre, Dominique Pauthe.

Outre ses trois ans de prison ferme, M. Kerviel a également été condamné à verser à la Société Générale les 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts que la banque réclamait pour la perte subie début 2008. “Il a été très clairement démontré que le comportement de Jérôme Kerviel, ses mensonges, étaient si sophistiqués que la banque ne pouvait pas se douter de ce qu’il était en train de faire”, a déclaré Me Jean Veil, l’un des avocats de la Société Générale.

L’ancien trader, poursuivi pour une perte de près de 5 milliards d’euros début 2008 essuyée par la Société Générale, avait été jugé du 8 au 25 juin pour avoir pris sur les marchés financiers des positions spéculatives de dizaines de milliards d’euros, dissimulées à l’aide d’opérations fictives et de fausses écritures. Il encourait un maximum de cinq ans d’emprisonnement et 375.000 euros d’amende.

Jérôme Kerviel a déjà fait 38 jours de détention provisoire, du 8 février au 18 mars 2008, à la prison de la Santé à Paris, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire. Au dernier jour du procès, Me Metzner avait demandé la relaxe pour l’essentiel des faits, ne plaidant coupable que de l’introduction frauduleuse de données. Au fil de trois semaines de débats, Jérôme Kerviel n’a pas dévié de sa ligne de défense. Il a admis avoir perdu le sens des réalités, évoquant plusieurs fois la “spirale” dans laquelle il s’est laissé entraîner.

Mais il a affirmé, encore et encore, que sa hiérarchie l’avait laissé faire, voire encouragé à prendre des risques démesurés dès lors qu’il gagnait de l’argent, sa défense soutenant qu’aucune “limite” ne lui avait été clairement fixée.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related