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La ballade américaine d’Olivier Dahan

À juste 41 ans, le cinéaste français Olivier Dahan a conquis la France et l’Amérique avec La Môme, qui a raflé toutes les récompenses dont l’Oscar de la meilleure actrice pour Marion Cotillard en 2008. Le prodige du cinéma qui partage sa vie entre Los Angeles et Paris prépare son premier long métrage en anglais, My own love song, une comédie dramatique tournée en Louisiane et dans le Kansas. Renée Zellweger, Forest Whitaker et même le légendaire Bob Dylan, pour la bande originale, ont répondu présents. La sortie du film est prévue pour la fin de l’année.

Olivier Dahan conserve, à 41 ans, une allure de Gavroche avec sa bouille d’éternel enfant. Sous cette apparence juvénile se cache pourtant un réalisateur au talent confirmé et reconnu des deux côtés de l’Atlantique. Après six longs métrages remarqués en France dont La Môme en 2008, il a mis le cap vers

les États-Unis. Le réalisateur français a tourné en Louisiane et au Kansas son premier film en anglais My own love song. Comme dans La Môme qui retrace la vie d’Édith Piaf, le film parle aussi d’une chanteuse. « Ce n’était pas voulu. Édith Piaf était une artiste connue contrairement à celle de mon dernier film. Ce long métrage parle avant tout d’entraide entre une ex-chanteuse en fauteuil roulant et un pompier hospitalisé », explique Olivier Dahan.

Pour les rôles principaux, le réalisateur français a fait appel à deux pointures d’Hollywood : Renée Zellweger et Forest Whitaker. « J’ai rencontré Renée à Paris pour la première fois. J’en ai profité pour lui donner mon scénario. Trois jours après, elle m’a appelé pour me dire oui. Quant à Forest, je le connais depuis longtemps ! » raconte-t-il. Et comme nul ne lui résiste en ce moment, Bob Dylan, en personne, a accepté de signer la bande originale du film. « J’étais à Los Angeles, et je me demandais qui pouvait bien interpréter le titre phare du film. J’ai pensé à Bob Dylan mais étant très fan, je me suis dit que je n’oserais pas l’aborder. Finalement, j’ai contacté son agent et qui, à son tour, m’a répondu pour me dire qu’il était intéressé », ajoute le réalisateur français. « Bob Dylan a composé une première chanson puis, très vite il en a écrit plusieurs. Il a également fait les musiques des instrumentaux. Je mesure bien ma chance ! » ajoute-t-il.

Olivier Dahan reconnaît qu’il doit ce prestigieux casting principalement au succès de La Môme qu’il lui a valu la reconnaissance internationale. « Le film a fait écho chez beaucoup d’artistes. Bob Dylan l’avait même vu et l’a beaucoup aimé. J’ai été plutôt chanceux ! » lance-t-il avant d’enchaîner sur son plaisir de tourner aux États-Unis. « J’aime la culture musicale et cinématographique américaine. Je suis fan de Francis Ford Coppola. J’ai adoré son film musical One from the Heart ».

La musique est omniprésente dans l’univers d’Olivier Dahan. « L’avantage avec le cinéma, c’est que je peux regrouper toutes les disciplines que j’aime comme la peinture ou encore la musique », explique-t-il. Il a d’ailleurs fait ses débuts en tant que réalisateur de clips vidéo, pour le groupe de rap I AM, Mc Solaar, les Cranberries ou encore le chanteur italien Zucchero.

À 24 ans, il réalise son premier long métrage, Frères, pour la chaîne Arte, qui sera sélectionné par le Festival international du film de Berlin. En 1997, le film sort en salle ainsi que son deuxième long métrage Déjà mort. En 2001, il dirige Catherine Deneuve dans Le petit Poucet et Isabelle Huppert dans La Vie promise en 2002. « Je n’ai jamais eu de problème pour être crédible. C’est évident qu’au début, il y a une certaine appréhension mais qui dure juste le temps d’une prise », admet-il. Ce talent précoce et sa maturité n’ont pas échappé à l’œil du réalisateur et producteur Luc Besson, qui lui confie la réalisation des Rivières pourpres 2 – Les anges de l’apocalypse en 2003.

Son dernier long métrage My own love song a des allures de road-movie, un film où l’intrigue est la route elle-même et non les lieux qu’elle traverse. « C’est bizarre mais j’aime peu ce genre cinématographique. Je n’étais pas un grand fan non plus des biopic lorsque j’ai fait La Môme, avoue-t-il. « En fait, c’est le principe de départ des road movies qui m’intéresse, c’est-à-dire cette impression de quitter quelque chose et de mettre les personnages dans un monde où ils n’ont pas de repères »,  poursuit-il. Olivier Dahan avait besoin dit-il « de perdre certains repères » d’où son installation aux États-Unis. Vivant entre Los Angeles et Paris depuis huit ans, le réalisateur compte poursuivre son aventure américaine en réalisant un deuxième film en anglais.

À la question de savoir s’il se voit, dans dix ans, plutôt comme un Clint Eastwood ou un Claude Lelouch, il éclate de rire. « Parfois, j’ai l’impression que passer toute sa vie à faire la même chose, c’est con ! »

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