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La Belle-Poule mouillée à New York

Parties de Brest en avril dernier pour participer à une régate qui rassemble les plus vieux voiliers d’Europe, l’Étoile et la Belle-Poule, deux goélettes de la Marine Française respectivement commandées par les lieutenants Patrick Lhour et Olivier Lebosquain, ont jeté l’ancre dans la baie de New York jeudi dernier. Ces bateaux-école ont participé à la fête nationale américaine et ont salué, par la même occasion, la réouverture au public de la couronne de la statue de la Liberté.

Un dernier effort pour hisser simultanément la grand-voile et la misaine, et c’est une petite bourrasque qui, pour aider l’équipage, vient lentement gonfler les imposantes toiles blanches. Samedi 4 juillet 2009, 8 h 10 : la Belle-Poule quitte Pier 7 North, un des docks de Brooklyn, où elle était amarrée depuis jeudi soir. Mais pour quelle destination ? Pas très loin en fait, à peine quelques lieues. Si New York n’est pas une étape du Tall Ships Atlantic Challenge, la course à laquelle elle prend part, le vieux gréement se devait néanmoins d’y mouiller. Alors direction la statue de la Liberté pour une sortie aux allures de cérémonie.

À bord, marins et journalistes invités pour l’occasion se félicitent du temps ensoleillé. « Il fait beau et chaud, c’est parfait », confie Charles, un membre de l’équipage. Pour Corentin Hemmer, élève de la Marine Marchande de Saint-Malo, c’est « un rêve qui se réalise ». « Je vois voguer ces vieux navires depuis que je suis tout petit. Alors c’est fabuleux d’avoir la chance de pouvoir naviguer devant la statue de la Liberté sur un bateau comme celui-ci », ajoute-t-il.

Construits en 1932 sur le modèle des goélettes paimpolaises, les deux monocoques ont une histoire particulière. Le 18 juin 1940, juste avant l’appel du général De Gaulle, elles quittent la France pour l’Angleterre. Actives auprès des Forces Navales Françaises Libres pendant la Seconde Guerre mondiale, elles héritent alors du pavillon de beaupré à croix de Lorraine, emblème de la Résistance française, et l’arborent depuis fièrement en proue. Elles servent aujourd’hui principalement à former les élèves-officiers de la Marine Nationale et c’est la première fois qu’elles traversent l’Atlantique.

C’est toute la dimension historique qui surgit alors lorsque la majestueuse statue, symbole de liberté, laisse pointer le bout de son nez. Elle, la « dame de cuivre », cadeau des Français aux États-Unis pour le centenaire de leur indépendance, saluée par ceux que les Américains ont aidés à se libérer : un bel hommage.

L’équipage a quitté New York pour Boston dimanche après-midi.

http://etoileetbellepoule.ecole-navale.fr

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