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La chocolaterie Michel Cluizel ouvre une boutique sur la 5e Avenue

La chocolaterie Michel Cluizel, entreprise familiale normande de 200 salariés, devrait ouvrir d’ici à Thanksgiving une boutique à New York, sur la 5e Avenue. Un pari risqué compte tenu de la crise des produits de luxe et des difficultés d’importation.

« Un coup de folie, un vrai challenge », admet Jacques Dahan, responsable de la filiale américaine de la chocolaterie Michel Cluizel, lorsqu’il évoque l’ouverture très prochaine d’une boutique à New York. Si la date n’est pas encore fixée, la chocolaterie espère accueillir ses premiers clients pour Thanksgiving, période clé pour le marché du chocolat.

Pendant quelques années, les chocolats de la marque étaient déjà en vente à New York dans le magasin ABC Carpet, sur Broadway. Mais le partenariat prit fin il y a un an et demi car la visibilité réduite comparée au prix du loyer ne satisfaisait plus les dirigeants de la chocolaterie. L’expérience leur permit néanmoins de se rendre compte que leurs produits semblaient être appréciés sur le marché américain. « La femme de Michel Cluziel me disait souvent qu’il y avait des Américains qui, quand ils venaient à Paris, faisaient un détour par la boutique pour ramener des chocolats aux États-Unis », glisse le responsable de la marque aux États-Unis. « On s’est donc mis en quête d’un emplacement à New York dans l’esprit de la rue Saint-Honoré, là où se trouve notre boutique à Paris. C’est-à-dire avec une moitié de population locale, et une moitié de touristes ».

Jacques Dahan a d’abord regardé du côté de Soho, puis sur Madison, mais le côté très communauté française du quartier ne lui convenait pas. Lui est venu l’idée de la 5e avenue, dont les loyers ont fortement baissé depuis la crise. « C’est encore cher aujourd’hui, mais c’étai

t hors de prix il y a deux ans, inconcevable », dit-il. La boutique s’installera donc au 580, à l’angle de la 47e, dans le quartier des bijoutiers. « Quand on a présenté notre projet au propriétaire, on savait que ce serait dur car il n’y a que des joailliers à cet endroit. Mais il a fini par accepter, convaincu par notre slogan, Orfèvre en chocolat ! »

Dernier souci de taille, l’exportation des produits. « On est déjà fortement pénalisé avec le taux de change entre l’euro et le dollar », poursuit Jacques Dahan. « Mais c’est surtout les contraintes liées aux douanes qui nous posent problème. » La chocolaterie Michel Cluizel s’est déjà retrouvée en grande difficulté face à ses clients américains lors des fêtes d’Halloween. Les conteneurs venant de France, et acheminés par bateau, sont restés plus de douze jours dans les entrepôts des douanes afin d’être fouillés de fond en comble. « À la frontière, ils choisissent au hasard quelques bateaux », regrette Jacques Dahan. « Les autorités ont passé tous nos produits aux scanners, puis les ont transférés dans un entrepôt où les conteneurs ont cette fois été vidés intégralement. Certaines boîtes ont même été ouvertes au cutter. Sans parler des problèmes de périssement ». Conséquence, certains clients ont demandé des rabais dus au retard, d’autres ont tout simplement annulé leur commande.

Malgré ses difficultés et même si Jacques Dahan est conscient de la crise qui touche les produits de luxe actuellement, il est confiant quant à la réussite de la boutique de New York. « Si on arrive à garder l’esprit qu’on a à Paris, les clients vont venir ».

Infos pratiques :

Chocolaterie Michel Cluizel : 580, 5e Avenue, New York

http://www.cluizel.com/

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