Subscribe

La Collection Rodin rouvre ses portes à Philadelphie

Le Musée Rodin de Philadelphie, la plus grande collection publique d’œuvres du sculpteur hors de France, rouvre ses portes ce 13 juillet.

Inauguré en 1929, sa rénovation à partir de photographies d’époque a permis de reconstituer fidèlement les plans initiaux de Paul Cret et de Jacques Gréber, architectes français urbanistes et paysagistes alors chargés du bâtiment, des jardins et du Parkway – l’avenue que jalonnent de nos jours le Musée d’Art de Philadelphie, le Musée Rodin, la Fondation Barnes, le Musée Franklin, le Musée de l’Académie des Sciences Naturelles, le Musée Mutter, les Galeries de Moore College of Art and Design, valant à cette artère principale du centre ville le surnom bien mérité de “Museum Mile”.

C’est à l’Américain Jules Ephraim Mastbaum que le musée doit son existence. Opérateur dès 1897 d’une chaîne de salles de cinéma Nickelodeon, fondateur en 1909 de la Motion Picture Company of America, ce magnat du nouvel art exploite quelque 300 salles en 1926. Intéressé très jeune par le dessin et la sculpture, il découvre l’œuvre d’Auguste Rodin à l’occasion d’un voyage à Paris en 1923 et décide immédiatement d’acquérir sculptures, plâtres, esquisses, correspondance et manuscrits afin de les offrir à sa ville natale dans le but d’y fonder un musée.

Des œuvres monumentales

C’est également grâce à la générosité de ce philanthrope qu’après 1925, deux exemplaires en bronze de La porte de l’Enfer sont fondus à partir d’un plâtre conservé en France, l’un pour le musée Rodin de Philadelphie, l’autre pour le musée de Paris. Ironie du sort : ni Mastbaum, ni Rodin ne verront leurs projets emblématiques terminés de leur vivant. Mastbaum mourra en 1926, trois ans avant l’ouverture du musée. Rodin (par ailleurs ignoré lors de sa première présentation de huit bustes décoratifs à l’Exposition universelle de Philadelphie en 1876) travaillera trente-sept ans, par intermittence, sur cette porte décorative commandée par la direction des Beaux-Arts sans jamais en voir réaliser la fonte, n’ayant sous les yeux, à la fin de sa vie, que le plâtre de Meudon, là où il a installé sa demeure dans la villa des Brillants.

Pourtant, de cette œuvre en perpétuelle évolution, de ces maquettes de bas-reliefs et moulures, de cette porte inachevée inspirée de La Divine Comédie de Dante et des Fleurs du Mal de Baudelaire naîtront plus de deux cents personnages et groupes, un vaste répertoire de formes où Rodin puisera le reste de sa carrière. Exposées de manière indépendante, montées sur des socles, souvent agrandies, ces figures, en bronze ou en marbre, Adam, Eve, Le Penseur, Le Baiser et une longue procession de damnés aux titres divers assureront le succès de l’artiste. Beaucoup sont présentées au musée de Philadelphie. Le plaisir d’admirer des œuvres monumentales comme L’Age d’Airain, Les Bourgeois de Calais, L’Eternel Printemps, se double, grâce aux nombreuses esquisses de leurs états successifs, d’une meilleure lecture du processus créatif du sculpteur.

L’édifice néo-classique dont l’architecture reprend la façade du château d’Issy-les-Moulineaux rappelle le domaine de Meudon où Rodin avait élu résidence. La nouvelle installation permet, pour la première fois depuis 1955, d’apprécier Les Bourgeois de Calais à leur place légitime, à l’extérieur du musée, ainsi qu’Eve et L’Age d’Airain dans les niches latérales du portique. Adam et L’Ombre sont à nouveau sous les arches, à l’entrée, à quelques pas des Trois Ombres, prêt temporaire de la Fondation Iris and B. Gerald Cantor. Les jardins redessinés à la française, décorés d’une profusion de vivaces odorantes (lavande, thym, achillées) et d’arbustes autour d’une pièce d’eau offriront un cadre verdoyant aux concerts du 22 et du 28 juillet. Au programme, deux compositeurs français, pionniers de la musique spectrale, Tristan Murail et Philippe Hurel, proposeront une exploration illimitée de l’imaginaire auditif, en parallèle symbolique avec l’audace plastique de celui qui fut le grand génie de la sculpture.

Adresse : 2154 Benjamin Franklin Parkway, entre la 21ème et la 22ème rue

Telephone : +1 215 763-8100

Site internet : rodinmuseum.org

Achat de billets pour le concert: 215-235-SHOW ou en ligne : philamuseum.org

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related