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La comète Alice Ritter, dans l’Amérique où tout est possible

Elle a choisi New York. New York a dit oui. Depuis, c’est le grand amour. En seulement cinq ans, la talentueuse styliste française Alice Ritter a revisité avec sa marque le style chic et décontracté, imposant dans le monde très sélect de la mode, ses créations uniques.

La styliste française Alice Ritter vient d’être choisie par le Council of Fashion Designers of America pour faire partie des douze nouveaux couturiers installés à New York soutenus par le programme CFDA Fashion Incubator. Un espace professionnel est mis à leur disposition, en plein cœur du Garment district, non loin de la Fashion avenue. Ils ont également accès à des séminaires éducatifs et un réseau de contacts. C’est une chance inouïe, pour celle qui a commencé sa carrière il y a tout juste cinq ans.

Auparavant attachée de presse d’une maison de disques à Paris, elle a posé ses valises à New York il y a douze ans pour suivre son petit ami et repartir à zéro. « La mode m’a toujours intéressée », dit-elle. C’est depuis son appartement de Brooklyn, où elle crée ses propres modèles, que tout a démarré. Aujourd’hui, Alice Ritter apprécie de faire partie de cette prestigieuse sélection très internationale du CFDA Fashion Incubator.  « C’est la première fois que je travaille comme ça. C’est pratique d’être ici. Il y a une énergie de travail, les agents de tissus sont juste en bas ». Elle sourit, ses yeux brillent. Alice Ritter est une jolie brunette au visage angélique qui semble croquer ce que lui offre la vie. Elle poursuit : « Je ne veux surtout pas me donner des airs supérieurs parce que je suis française. Bibhu Mohapatra et Waris Ahluwalia sont indiens, Joel Diaz est dominicain, Prabal Gurung est népalais… le fait d’être française est une marque d’exotisme comme une autre. » Humblement, elle souhaite juste « continuer de grandir et de progresser ».

La France, les États-Unis… « Je prends ce qu’il y a de bon dans la France, mais quand même… là-bas, il y a un côté sclérosant au niveau créatif, un esprit provincial, parfois un peu rigide et pénible. Les références restent classiques. On est consommatrice, mais on revient toujours au cachemire de notre mère, à APC (ndlr, une marque française). Ici, à New York, on peut conserver sa culture, la digérer, la revisiter. Les États-Unis m’ont apporté cela. Donc américaine oui, à New York… La France, c’est la base, la ressource », développe-t-elle. Et de poursuivre : « Le savoir-faire français est tristement en train de disparaître, c’est inéluctable. Personnellement, je n’ai pas les moyens d’avoir affaire avec les artisans français. Alors oui, on y perd. Il faudrait une aide de l’État… Par exemple, le taux de change en Europe était inabordable et c’est pour cette raison que j’ai délocalisé la production en Chine. »

Alice Ritter se sent concernée par le fonctionnement de l’industrie de la mode. La Chine, l’esclavagisme, le bio… et c’est peut-être aussi cela qui fait d’elle une créatrice à part. « C’est pratiquement impossible d’avoir du 100 % organique, rien qu’à cause du transport des tissus qui automatiquement sous-entend un bateau, un véhicule… 0 % carbone, c’est impossible. Le vêtement, c’est le jackpot de l’horreur à ce niveau là. »

Puis de revenir sur un sujet plus léger : Alice décrit sa cliente. « C’est une citadine entre 25 et 40 ans, quoique l’âge… Je n’aime pas parler d’âge. Elle est trend sensitive, ça c’est sûr. Elle a son personal style, plus que les filles qui veulent à tout prix coller à la mode. Elle est aussi sophistiquée, a de l’humour, est intelligente et regarde des films avec des sous-titres », s’amuse-t-elle à imaginer. « La base créative vient des souvenirs et de l’influence des années 80. Il

faut donc qu’elle y soit sensible. »

 

Interview express « Si vous étiez… » :

Une couleur ? Le rouge, mais je n’en porte jamais.

Un vêtement ? Une veste de tailleur. Je crois au pantalon/veste. 

Un outil maquillage ? Mon incontournable blush Terracotta de chez Guerlain. Que ferais-je sans lui ?

Une matière ? La soie, le coton.

Un sens ? L’odorat.

Un créateur ? Il y en a tellement que j’admire. En ce moment, je suis dans ma phase Céline et Phoebe Philo. Cela dit, le maître en prêt-à-porter, c’est Yves St Laurent. Je n’ai pas un tiers de son talent.

Un mannequin ? Inès de la Fressange.

Un homme ? Woody Allen.

Une époque ? Ah ! La Belle Époque, celle de Proust, Picasso, 1907.

Une chanson ? Sous le soleil exactement, de Gainsbourg.

Un livre ? L’un en anglais : Pride and Prejudice, de Jane Austen. L’autre en français : À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust.

Un film ? Idem. L’un en anglais : Annie Hall, de Woody Allen. L’autre en français : Le mépris, de Jean-Luc Godard.

Un monument ? Un monument qui n’est pas gros… la petite Statue de la Liberté à Paris. Elle est incongrue, j’aime bien.

Une ville ? Une ville du sud. Rome !

Un pays ? Le Maroc. Je rêve d’y aller. Et là, je pense encore à Yves St Laurent. Tout est lié.

Un défaut ? La paresse.

Une qualité ? La loyauté.

 

Où trouver ses must have Alice Ritter :

Barneys New York, Kirna Zabête, Leontine, Suite Orchard

Sur le Web, les nouvelles

Alice Ritter (Officiel)
Facebook: Alice Ritter
Fame Game: Alice Ritter (Fan site)
Elle.com: Alice Ritter (Media)

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