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La dette et le déficit explosent en 2009

Sous l’effet de la crise et du plan de relance, le déficit public de la France a explosé à 7,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2009, tandis que la dette a bondi à 77,6% du PIB. Des records historiques qui devraient encore être battus cette année.

L’Intitut national des statistiques et des études économiques (Insee), a publié mercredi des résultats provisoires. Le déficit public (Etat, comptes sociaux et collectivités locales) semble avoir augmenté légèrement moins que prévu par le gouvernement, qui tablait jusqu’à présent sur 7,9% du PIB.

Mais il n’y a pas lieu de se réjouir : le déficit est tout de même passé de 3,3% des richesses produites en France en 2008 à 7,5% l’an dernier (ce qui représente 144,8 milliards d’euros). Et il devrait encore augmenter cette année pour s’établir à 8,2% du PIB.

Un déséquilibre pour un calcul très simple: les recettes publiques ont fortement diminué (moins 4,3%, contre plus 2,6% en 2008) et de les dépenses publiques ont fortement augmenté (plus 3,8%) souligne l’Insee. De 2008 à 2009, le déficit se creuse en effet de plus de 80 milliards d’euros sous l’impact.

Le gouvernement s’est engagé à le ramener progressivement à la limite autorisée des 3% en 2013, comme Bruxelles l’exige. Mais il compte pour cela sur une croissance de 2,5% par an à compter de 2011, ce que la Commission européenne juge bien trop optimiste.

La dette publique, quant à elle, a bondi à 1.489 milliards d’euros. Après 67,5% du PIB en 2008, elle continuerait de s’envoler à 83,2% en 2010 puis jusqu’à 87,1% en 2012, avant de commencer à refluer lentement. Des chiffres bien au dessus de la limite fixée par les traités européens en la matière est de 60% du PIB.
Selon un communiqué des ministères de l’Economie et du Budget, la dégradation du déficit par rapport à 2008 est “intégralement liée aux effets de la crise mondiale” qui a provoqué un effondrement des recettes fiscales et nécessité des dépenses supplémentaires pour soutenir la croissance.

Cette dégradation un peu moins mauvaise qu’attendu s’explique en partie par une “meilleure tenue des recettes” fin 2009 et par des investissements des collectivités locales moins rapides, selon Bercy.

Moins complaisante, la Cour des comptes estimait en février que la hausse historique du déficit était aussi due à la gestion du gouvernement qui n’a pas maîtrisé suffisamment les dépenses pour compenser les baisses d’impôts et notamment la multiplication des “niches fiscales”.

L’an dernier, les impôts sur le revenu et le patrimoine ont ainsi baissé de 16,6%. “En particulier, par rapport à 2008, l’impôt sur les sociétés diminue de 28,6 milliards d’euros, l’impôt sur le revenu des personnes physiques de 4,9 milliards et les recettes de CSG de 2,1 milliards”, note l’Insee.

La question des déficits fait l’objet d’un bras de fer entre le président Nicolas Sarkozy et une partie des collectivités locales, dirigées par la gauche, qui ne s’en sentent pas “responsables”.
Certains de leurs représentants avait ainsi boycotté la première réunion de la conférence sur les déficits organisée fin janvier à l’Elysée. La deuxième session de la conférence, initialement programmée en avril, a été repoussée à la mi-mai.

“Une telle plongée en un an ne s’était encore jamais vue”, a commenté Michel Sapin, secrétaire national du PS à l’économie, pour qui “la situation est inquiétante”.
“Non seulement la politique fiscale du gouvernement a dégradé de façon historique les comptes publics, mais en plus, elle s’est avérée totalement inefficace pour sortir le pays de la crise”, a dénoncé le député dans un communiqué.

Le PS a ainsi réclamé un retour sur la loi TEPA et les “niches fiscales injustes”, ajoute-t-il, qui pourrait ainsi dégager “plus de 50 milliards d’euros par an”.

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