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La Fête de Royal sous le signe de l’entente cordiale

Ségolène Royal organise samedi à Arcueil (Val-de-Marne) sa 3ème Fête de la fraternité, sous le signe inédit de l’union cordiale affichée avec la patronne du PS Martine Aubry, mais décidée à mobiliser ses troupes et faire entendre sa musique.

Le Royal nouveau est arrivé! La présidente de Poitou-Charentes a renoué avec la première secrétaire : elles se voient régulièrement, se parlent, se consultent et ont même déjeuné ensemble mardi avec les présidents de région socialistes. “Après son appel à l’unité de La Rochelle, Ségolène entend faire vivre ce rassemblement en posant des actes”, dit son porte-parole, le député Guillaume Garot. L’ex-candidate à l’Elysée a marqué un point en défendant brillamment le projet socialiste le 9 septembre dans une prestation télévisée saluée par tous, notamment par Mme Aubry qui l’a jugée “parfaite”.
“Cette fête sera hyper-unitaire, avec toute la famille socialiste élargie”, dit son entourage. Sont annoncés samedi Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis, qui représentera Mme Aubry, Manuel Valls, député-maire d’Evry, son ex-lieutenant qui s’était éloigné et se dit candidat pour 2012 et le député Arnaud Montebourg, qui fut son porte-parole en 2007. Autre frère prodigue, l’avocat Jean-Pierre Mignard, ancien président de Désirs d’avenir, qui revient au bercail. “Parce que les chefs ont fait la paix, il n’y a aucune raison que les généraux se fassent la guerre”, affirme son entourage.

Du chemin a été parcouru depuis sa première fête décoiffante au Zénith, en 2008 qui, mêlait show-business et politique. Mme Royal, qui voulait alors prendre le parti, avait raillé les “gentils coups bas”, “les tendres attaques”. A Montpellier en 2009, Mme Royal, isolée au parti, lâchée par ses lieutenants, appelait au “dépassement du PS”. La polémique avec la direction était ravivée par un livre brulôt sur le désastreux congrès de Reims.
Cette édition de la Fête de la fraternité est la dernière avant les primaires pour la présidentielle: Royal a mis sous le boisseau sa candidature, mais “ne lâche rien”, selon un dirigeant socialiste, même si dans les sondages, DSK et Aubry la devancent toujours. “Il est important de démontrer ce que Ségolène apporte dans le cadre de cette unité. Ségolène garde son entière spécificité, qui aujourd’hui, n’incarne plus la division, mais au contraire est source d’enrichissement”, dit Dominique Bertinotti, une fidèle, maire du IVème arrondissement de Paris.
“Il y a une attente des citoyens de gauche. Ségolène veut apporter ses réponses”, fait valoir M. Garot. Se faisant volontiers la porte-parole des “sans voix”, Mme Royal continue de revendiquer son “lien profond avec le peuple français, avec les jeunes des quartiers”.

Désirs d’avenir (DA), son association créée en 2007 affichant environ 9.000 membres, organise la fête, où “1.500 à 2.000” participants sont attendus. Ce n’est “pas une fête recroquevillée sur DA, mais un “moment de responsabilité et de rassemblement”, poursuit M. Garot. Une “fête politique, dans un moment solennel, au regard de la crise des valeurs. Une fête de rassemblement et de l’unité”, renchérit Mme Bertinotti. Sur le blog alloué, sont annoncés co-voiturage, bus, tractage pour cette “fête très politique à un moment crucial”. Le “redressement de la France”, le “respect de la démocratie et de la banlieue” figurent eu nombre des thèmes proposés. Des débats, avec politiques, syndicalistes mais aussi Ariane Mnouchkine ou Olivier Ferrand (fondation Terra Nova) sont attendus.
Une “Fête” est aussi programmée. Une quarantaine de stands sont annoncés, rappeurs, musiciens classiques et danseurs d’Haïti attendus.

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