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La flambée du coton épargne pour l’instant les consommateurs

La flambée des cours du coton, qui ont atteint un sommet depuis quinze ans, inquiète les producteurs textile, même si la plupart se refusent pour l’instant à répercuter ces hausses sur le prix de leurs produits.

“Les prix du coton ont doublé en un an et demi: c’est un sujet de préoccupation aujourd’hui”, reconnaît François-Marie Grau, délégué général adjoint de l’Union française des industries de l’habillement (UFIH), alors que se tient de mardi à jeudi au Parc des expositions de Villepinte le salon des tissus d’habillement Première Vision. A New York, la livre de coton pour livraison en décembre a atteint lundi 93,17 cents, son plus haut niveau depuis 1995, et plus du double du prix de mars 2009.
Sur un marché tendu et marqué par des cours plutôt faibles au cours des dernières saisons, ce qui avait poussé certains producteurs à se reconvertir, plusieurs facteurs sont venus aggraver la situation, notamment les récentes inondations en Chine et au Pakistan, qui ont détruit une partie de la production. Pour les industriels français, et plus généralement européens, la baisse de l’euro par rapport au dollar a également renchéri le coût des produits importés.
“Si les prix continuent à grimper, c’est dû à des éléments conjoncturels, mais aussi structurels, comme la croissance de la Chine, un des principaux producteurs mondiaux, qui amène le pays à +préempter+ une grande partie des matières premières, y compris textiles”, explique également M. Grau.
Pour les acteurs des industries de l’habillement, l’équation est simple: il faut absorber ces hausses sans en faire porter les conséquences sur le consommateur. “Ces hausses se répercutent sur le prix du fil et des tissus”, souligne M. Grau, mais “les marques françaises de prêt-à-porter excluent pour l’instant de répercuter ces hausses pour le consommateur”, assure-t-il. “C’est difficile pour nous de savoir précisément les conséquences de cette hausse des prix du coton: quand on observe les statistiques, il y a toujours un petit décalage”, tempère Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’Institut français de la mode. “Mais on a comme écho pour l’instant, que les conséquences (des hausses de cours sur les prix des produits textile) ne sont pas flagrantes”, ajoute-t-il.

Difficile en effet de faire accepter aux consommateurs des hausses de prix sur un marché “encore très fragile”, juge M. Grau. “Dans un contexte où la conjoncture n’est pas porteuse, les entreprises n’ont pas tendance à augmenter leurs prix…”, abonde M. Minvielle. Le suédois H&M assure ainsi à l’AFP que la hausse des prix du coton devrait avoir une “incidence neutre” au niveau de la concurrence mondiale, “étant donné qu’un certain nombre d’autres facteurs peuvent compenser l’impact sur les consommateurs”. Certains pourtant, à l’instar de l’américain Levi’s, n’ont pas hésité à annoncer récemment qu’ils envisageaient des hausses de leurs prix. Mais la tendance est pour l’instant à l’absorption de la hausse des coûts par l’ensemble des acteurs au sein de la filière.
“Les hausses peuvent être digérées tout au long de la filière, et à l’arrivée, le poids relatif du coût de la matière première dans le prix final est souvent estimé à 5%”, rappelle M. Minvielle.
La pression pourrait toutefois être plus forte sur les marques d’entrée de gamme, ajoute-t-il, qui n’ont pas la même latitude pour jouer sur leurs prix que dans le moyen ou haut de gamme.

 

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