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La folle semaine de BHL

À l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Left in Dark Times, Bernard-Henri Lévy entame une tournée de conférences sur la côte Est. Rencontre avec un penseur engagé.

À partir du 15 septembre, Bernard-Henri Lévy entame un véritable marathon de conférences, discussions et émissions de télévision à travers les États-Unis. Chronique d’un succès annoncé: à New York il ne reste plus que quelques places disponibles, jeudi au 92nd Y. Au menu, la sortie de son nouveau livre, Left in Dark Times et un débat qui s’annonce enlevé avec Sam Tanenhaus du New York Times Book Review. Un vrai retour aux sources pour l’auteur de La Barbarie au Visage Humain, qui explore les nouveaux régimes totalitaires et lance un plaidoyer pour des valeurs universelles et éthiques. Bernard Henri-Lévy s’est entretenu avec France-Amérique à quelques heures de son arrivée à New York.

France-Amérique : Vous multipliez les débats et les apparitions dans les deux semaines à venir… On vous décrit ici comme une rock star, une sorte de Bono de la vie intellectuelle. Est-ce nécessaire d’occuper ainsi le terrain pour engager le débat d’idées avec le plus grand nombre?
Bernard-Henri Lévy : Nécessaire, je ne sais pas. Mais c’est, encore une fois, le système américain qui veut cela. Ceci étant dit, j’ajoute deux choses. D’abord le fait que, parmi mes interlocuteurs, il y en a un, Charlie Rose, qui est plus qu’un simple interlocuteur : un ami, une sorte de frère ou de jumeau américain – et j’espère que cela, cette émotion, se sentira un peu lors de cette séance à la FIAF. Et puis, ensuite, le fait que, « nécessaires » ou pas, j’aime bien l’idée de ces rencontres avec mon public. Je ne le fais plus guère en France. Je le fais ici, aux USA. C’est bien. Je prends, à nouveau, l’exemple de la 92nd rue. J’y ai déjà parlé trois fois. Avec cette fois-ci, cela fera quatre. Or je sais que, toutes les fois précédentes, je ne me suis pas contenté de redire ce que j’avais déjà dit dans mes livres. J’ai avancé. Oui, sous la pression des questions, sous la pression de ce public qui, encore une fois, demande des comptes, j’ai fait avancer ma réflexion et dit, là, des choses que je n’aurais sans doute pas dites sans cela.. j’espère que le miracle, une fois encore, se reproduira.

F.-A.: Les États-Unis sont à moins de deux mois d’une élection présidentielle qui sera de toutes les manières historiques. Et vous voilà avec un livre sur l’équilibre à trouver entre ce que vous appelez les nouveaux régimes totalitaires et le besoin d’une nouvelle gauche. Est-ce un thème sur lequel les électeurs américains doivent réfléchir ?
B.-H. L.: C’est un des thèmes, en tout cas, dont nous discuterons lundi. Nous parlerons d’Israël. Du nouvel antisémitisme. De ses liens avec l’antisionisme. De la droite. De la gauche. Des mauvais avatars du progressisme. De la maladie que constitue l’antiaméricanisme. Mais nous parlerons aussi, forcément, des élections. J’ai été l’un des premiers européen à avoir imprimé, il y a tout juste quatre ans, le nom de Barack Obama. Et l’un des premiers qui, après l’avoir longuement rencontré, lui a prédit un grand destin national. Je dirai pourquoi, comment, et où j’en suis.

F.-A.: L’élection est très ouverte. Quels sont les enjeux?
B.-H. L.: Un nouveau visage de l’Amérique. Cela aussi, je tâcherai de l’expliquer lors du débat avec Tanenhaus.

F.-A.: John McCain a choisi une femme comme colistière. Est-ce là la clé de cette élection?
B.-H. L.: J’espère que non. Car quelle femme, franchement ! Hostile à l’avortement. Créationniste. Puritaine comme il n’est pas permis. Et exhibant son pauvre enfant trisomique comme s’il était une arme électorale. Je ne suis pas sûr que ce calcul-là soit bon. Il me semble que, si j’étais une femme américaine, je serais très profondément choqué par le cynisme de ces méthodes.

F.-A.: En France, vous avez été l’objet d’une polémique récente sur un reportage que vous avez effectué en Géorgie. Pourquoi vous a –t-on attaqué ainsi?
B.-H. L.: Je n’ai pas bien suivi cela. Je ne peux pas, hélas, suivre toutes les polémiques qui me concernent. Surtout quand, comme celle-là, ce sont des polémiques qui se cantonnent à un site Internet à sensation. Pas intéressant. Dérisoire. L’important c’est la Géorgie, les Géorgiens, et la façon dont notre président de la République s’est fait rouler dans la farine par les Russes. Cela aussi, je vais le dire. Sans recommandation particulière. Sauf, peut-être, une fidélité au devoir de mémoire.

F.-A.: Left in Dark Times est votre troisième ouvrage publié récemment aux Etats-Unis après Who Killed Daniel Pearl ? et American Vertigo. À quoi ressemble la sortie d’un livre de BHL?
B.-H. L.: Chez Random House, ce sont de grands professionnels. Une machine éditoriale parfaitement huilée. Une publiciste, Barbara Fillon, qui travaille main dans la main avec mon agent franco-américain, Hélène Brenkman. Tout cela est un peu inhabituel pour un Français. De même que les “public appearances”, si importantes ici, alors qu’elles ne comptent pas tellement en France. Prenez la 92nd Y. Est-ce la légende attachée à l’endroit, ce haut lieu du judaïsme new-yorkais ? La qualité de mon interlocuteur, Sam Tanenhaus, qui est aussi le patron de la “Book Review” du NYT? L’exigence et le niveau de ce public que j’ai appris, au fil des années, à bien connaître? Tout cela joue. Je sais bien que quelque chose d’important, de très important, pour le destin du livre va se jouer là…

Pour rencontrer et entendre Bernard-Henri Lévy :

Le lundi 15 septembre à 12h30
Déjeuner (complet) avec Charlie Rose au FIAF
www.fiaf.org

Le mardi 16 septembre à 19h
Soirée de prestige à la New York Public Library, (complet)
Celeste Bartos Forum Humanities and Social Sciences Library
5th Avenue and 42nd Street

Le jeudi 18 Septembre à 20h00
Conversation with Sam Tanenhaus
www.92y.org
Lexington Avenue at 92nd Street

Le samedi 20 septembre à 20h
Conférence: Left in Dark Times: A Stand Against the New Barbarism
La Maison Française
4101 Reservoir Road, NW
Washington, DC 2000
www.la-maison-francaise.org

Le mercredi 24 septembre à 20h
Au SFJCC
3200 California St
San Francisco
www.jccsf.org

Left in Dark Times, Random House, en librairie à partir du 16 septembre

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