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La fondation Guerlain à l’honneur

La fondation d’art contemporain Florence et Daniel Guerlain, membre VIP de l’Armory show, expose à cette occasion et jusqu’au 16 mai une sélection de dessins aux services culturels de l’Ambassade de France à New York.

Pari réussi pour les premiers français à dévoiler une partie de leur collection depuis la création de la célèbre exposition qui, chaque année, permet au public new yorkais de découvrir le patrimoine artistique des collectionneurs privés d’art contemporain.

Parmi les 400 œuvres qui composent la collection, 140 dessins ont été choisies par David Webster, artiste américain, qui, depuis sa rencontre avec le couple Guerlain, n’a cessé de les inciter à parcourir le monde à la recherche de nouvelles pièces . “Nous nous sommes rencontrés en France il y a vingt ans, et depuis nous avons beaucoup travaillé ensemble, sur des expositions par exemple. Il était presque naturel que ce soit David qui s’occupe du choix des œuvres” explique Florence Guerlain.

Hormis “l’originalité” et la volonté d’offrir au public “un ensemble harmonieux sans répétition“, David Webster a laissé libre cours à sa sensibilité d’artiste pour choisir les œuvres de l’exposition. “Cependant, on peut remarquer qu’il existe une ligne directrice humaine, avec la représentation de beaucoup de personnages dans les différentes œuvres” ajoute Daniel Guerlain.

Pour symboliser la coopération franco-américaine de ce projet, la moitié des œuvres exposées ont été réalisées par des artistes américains et français. Mais la multitude de dessins recouvrant à présent les murs de la salle d’exposition de l’ambassade provient d’horizons très variés. En effet, les autres œuvres sont le fruit d’artistes de 31 autres nationalités, parmi lesquelles le Chili, la Russie ou encore la Chine.

C’est dans la tête de Jérôme Neutres, attaché culturel à l’ambassade de France, qu’a germé l’idée d’une exposition de la collection Guerlain durant l’Armory Show. “Cette exposition, qui va donner une visibilité à notre collection, est une très bonne idée car cela nous permet d’avoir une autre vision des œuvres dont nous disposons” explique Daniel Guerlain.

“Une drogue un peu chère mais bien meilleure pour la santé”

Après avoir commencé leur collection chacun de leur côté, Florence et Daniel Guerlain ont poursuivi cette activité ensemble. “C’est vraiment intéressant d’aller à la rencontre des œuvres et de leurs créateurs, c’est un travail permanent“, explique le collectionneur. D’après son épouse, cette activité n’obéit à aucune règle particulière mais s’apparente plus à une succession de coups de cœur pour des artistes ou pour des œuvres . Il arrive que le couple entende parler d’un artiste et décide d’aller lui rendre visite, comme cela a été le cas pour la chilienne Sandra Vasquez de la Horra, que les Guerlain sont aller visiter pour la première fois à Cologne en Allemagne. “Une fois que l’on commence à collectionner, on ne peut plus s’arrêter, c’est come une drogue un peu chère, mais bien meilleure pour la santé“, plaisante Daniel Guerlain.
Et lorsqu’on lui demande de justifier son affection pour l’art contemporain, il répond sans hésitation que “l’intérêt d’une collection est qu’elle se fasse avec son temps“. Cet homme, qui avoue “préférer avoir des tableaux accrochés à ses murs plutôt que du papier peint” suit donc la même logique que son grand-père, qui, à son époque, “collectionnait les impressionnistes“.

Un engagement en faveur de la création contemporaine

Après avoir créé la fondation Guerlain en 1996, le couple a mis en place l’année dernière le prix biennal de dessin contemporain de la fondation Daniel et Florence Guerlain. “Nous avons choisi de récompenser les dessinateurs car il n’existait pas de prix de dessin en France auparavant“, explique Florence Guerlain. C’est aussi pour la dimension intime de cette discipline, qui instaure une relation particulière entre le dessin et la personne qui le contemple, que la fondation a décidé de mettre en place cette récompense, qui lors de sa création a avant tout été un évènement parisien. Avec un don de 15 000 euros au gagnant, et l’exposition de ses œuvres, la fondation entend apporter un réel soutient aux artistes contemporains.

Ce prix a été instauré après la fermeture – due à une trop faible fréquentation du public – en 2004 du lieu d’exposition des Mesnuls, où la fondation organisait trois expositions par an. En 2007, le jury, composé de huit collectionneurs privés venus des quatre coins du monde, ont choisi de récompenser le travail de l’artiste suisse Silvia Bächli. Quelques-uns de ses dessins, ainsi que ceux des deux autres artistes qui avaient été sélectionnés pour le prix, l’espagnol Javier Pérez et le français Jean-Luc Verna, occupent une place d’honneur dans la salle où sont présentées les œuvres.

Cette exposition, qui a lieu jusqu’au 16 mai prochain, est l’occasion unique de découvrir les richesses d’une collection privée d’art contemporain détenue par une fondation mécène non avare de nous dévoiler ses trésors.

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