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La Française Isabelle Huppert présidera le jury du 62e Festival de Cannes

La Française Isabelle Huppert présidera le jury du 62e Festival international de Cannes du 13 au 24 mai, sur la Croisette qui l’a deux fois sacrée meilleure actrice, avec “La Pianiste” de Michael Haneke et “Violette Nozière” de Claude Chabrol, annoncent vendredi ses organisateurs.

“Je suis très heureuse et très fière. Cannes et moi, c’est une longue histoire et ce prochain rendez-vous scelle définitivement mon amour pour le festival, et donc pour le cinéma mondial”, affirme l’actrice âgée de 55 ans, citée dans le communiqué. “Cannes, c’est la porte ouverte à toutes les nouvelles idées du monde. En être une spectatrice privilégiée m’enthousiasme”, dit celle qui entre dans le club très fermé (Liv Ullmann, Jeanne Moreau, Françoise Sagan…) des femmes présidentes d’un jury cannois.

Thierry Frémaux, délégué général du festival présidé par Gilles Jacob, a expliqué à l’AFP avoir voulu “rendre hommage à celle qui met sa popularité de comédienne au service du cinéma d’auteur, qui s’engage auprès des jeunes metteurs en scène et que les cinéastes étrangers admirent”.

Parmi les quelque 80 oeuvres de sa filmographie, 14 ont été en compétition à Cannes, dont “Les affinités électives” des frères Taviani ou “L’école de la chair” de Benoît Jacquot avec qui elle vient de tourner “Villa Amalia”.

Née en 1953 dans un milieu aisé et cultivé, Isabelle Huppert a débuté au théâtre — ses trois soeurs évoluent dans le monde du spectacle –, elle a été formée aux conservatoires de Versailles et Paris, avant de débuter au théâtre avec Antoine Vitez et Robert Hossein. Puis elle a été remarquée au cinéma en 1976 dans “Le juge et l’assassin” de Bertrand Tavernier

Cette actrice rousse, travailleuse acharnée, a été récompensée d’un Lion d’or pour sa carrière à la Mostra de Venise 2005 et a été sollicitée par des réalisateurs tels que Michael Cimino, Joseph Losey ou encore Marco Ferreri.

Popularisée par les films de Claude Chabrol où sa sensualité ambiguë et son énigmatique visage de rouquine font merveille, Isabelle Huppert est une actrice-caméléon et anti-star.

“Femme aux multiples visages” ainsi que la désignait l’exposition de portraits signés Doisneau, Cartier-Bresson, Avedon ou Newton que lui a consacrée un centre d’art contemporain new-yorkais en 2005, Isabelle Huppert a démarré au début des années 70 une carrière cinématographique qui compte plus de 80 films.

Jeune fille faussement sage dans “Les valseuses” de Bertrand Blier (1973), elle est remarquée dans “Le juge et l’assassin” de Bertrand Tavernier, où elle est Rose, la fiancée du manipulateur juge Rousseau, joué par Philippe Noiret.

Ce rôle lui vaut le prix Suzanne Bianchetti, puis elle démontre la force et la variété de son jeu avec “La dentellière” de Claude Goretta, “Loulou” de Pialat, “Sauve qui peut la vie” de Godard et “Coup de torchon” de Tavernier.

Brillante et audacieuse, sa carrière est marquée par un César reçu en 1996 pour “La Cérémonie” de Chabrol, son réalisateur fétiche avec lequel elle a tourné sept films, dont le dernier, “L’ivresse du pouvoir”, est sorti en 2006.

Chabrol lui confie des rôles de femmes insoumises, ambiguës et parfois perverses dans “Une affaire de femmes” ou encore “Merci pour le chocolat”.

Au Festival de Cannes dont elle est une habituée, elle a remporté deux prix d’interprétation : en 1978 pour “Violette Nozière” de Chabrol où elle est une énigmatique parricide puis en 2001 avec “La pianiste” de Michael Haneke, où elle campe un professeur de piano au glaçant sadisme.

Convaincante soeur Brontë sous la direction d’André Téchiné, elle est la “Loulou” de Pialat, tourne avec Godard dans “Sauve qui peut la vie” puis Benoît Jacquot (“Les Ailes de la colombe”), et Bertrand Tavernier (“Coup de torchon”).

Suivent “Eaux profondes” de Michel Deville en 1981 où elle fait face à Jean-Louis Trintignant et “Coup de foudre” de Diane Kurys l’année suivante.

Isabelle Huppert incarne aussi bien les héroïnes de films d’époque (“Madame Bovary”, “Saint-Cyr”, “Les Destinées sentimentales”), que les garces, les femmes du peuple (“Une affaire de femmes”), une bonne soeur défroquée (“Amateur” de Hal Hartley), une chef d’entreprise vénéneuse (“Merci pour le chocolat”) ou une pianiste sulfureuse.

Au théâtre auquel elle reste fidèle, elle a travaillé sous la direction de Bernard Murat, Peter Zadek, Bob Wilson (“Orlando”), Jacques Lassalle (“Médée”) ou encore Claude Régy pour “4.48 Psychose” de Sarah Kane.

Récompensée d’un Lion d’or pour sa carrière à la Mostra de Venise 2005, elle a été sollicitée par de grands réalisateurs étrangers tels que Michael Cimino, Joseph Losey ou encore Marco Ferreri.

Travailleuse acharnée, elle sera en 2009 à l’affiche d'”Un barrage contre le Pacifique” du Cambodgien Rithy Panh, adapté d’un roman de Marguerite Duras (7 janvier), de “Villa Amalia” de Benoît Jacquot (en mars), et “White material” de Claire Denis.

Elle tourne aussi régulièrement avec de jeunes auteurs tels qu’Ursula Meier dont le film “Home” est sorti fin octobre.

 

 

 

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