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La Française qui met les Américaines au régime

Depuis la cuisine de son appartement new-yorkais, Mireille Guiliano, ancienne porte-parole de la marque de champagne Veuve Clicquot aux Etats-Unis, revient sur son dernier ouvrage, The French Women Don’t Get Fat Cookbook, publié en avril. Un livre de recettes qui aidera ses lectrices à éviter les excès pendant les fêtes.
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Courtesy of Mireille Gulliano

France-Amérique : Suite à la parution de The French Women Don’t Get Fat Cookbook, vous venez de finir une tournée de dédicace aux Etats-Unis. Qui sont vos lectrices ?

Mireille Guiliano : Ce sont des femmes entre 25 et 45 ans qui adorent mes recettes simples, légères et délicieuses. Ce sont des recettes que ma famille et mes amies ont partagées avec moi et elles ont toutes été vérifiées par une professionnelle de l’alimentation.

Qu’est-ce que vous apportez en plus selon vous ?

Je préconise une cuisine avec peu de matières grasses, l’utilisation de beaucoup d’herbes pour assaisonner et des produits achetés dans les marchés. Ce n’est pas un livre de recettes trop compliquées fait par un chef, ni un livre de cuisine typique puisqu’il n’y a aucune photo. Le résultat n’a donc pas besoin d’avoir une forme parfaite, tant que les instructions sont bien respectées.

Une façon de déculpabiliser celles qui ne sont pas des prodiges de la cuisine ?

Oui. Et puis mes livres sont aussi un moyen de débattre du problème du surpoids, notamment aux Etats-Unis. Les Américains sont fascinés par la « bouffe », mais comme ils n’ont pas les siècles de culture gastronomique des Latins, ils font tout en vitesse et savent à peine faire une omelette. Ils manquent de connexion avec la nourriture.

La faute n’incombe pas seulement aux foyers américains…

En effet, l’industrie alimentaire bourre les produits de sel, de sucre et d’autres éléments chimiques qui aiguisent l’appétit. Elle sait qu’elle nous empoisonne mais elle s’en fiche car les profits sont énormes. Dans les cafés Starbucks, il y a l’équivalent une semaine de café dans une tasse. Les jeunes sont perdus car ils n’ont aucun repère en ce qui concerne la nourriture. Dans l’Amérique profonde, la plupart gens ne savent même pas ce qu’est une portion. On est face à une abondance de nourriture, il n’y a plus d’heure pour les repas, c’est affolant, alors que le corps a besoin de rites et de respect : on ne peut pas le traiter comme une boîte à gâteaux que l’on remplit. Avec la mondialisation,  le problème tend à s’étendre dans de nombreux pays.

Alors comment bien manger aux Etats-Unis ?

En se procurant des produits frais, sains et locaux. Quand on est en Provence, on ne mange pas des fraises de Bretagne ! Et puis, il faut bien lire les étiquettes : s’il y a plus de cinq ingrédients avec des noms trop compliqués, mieux vaut ne pas acheter le produit en question.

Après French Women Don’t Get Fat (2007) et French Women For All Seasons (2009), ce livre de recettes est le dernier de votre trilogie consacrée aux femmes françaises. Pourrait-on maintenant imaginer un French Men Don’t Get Fat ?

Ce n’est pas ma spécialité, d’autant plus que mon mari n’est pas français. Ce que je peux dire, c’est que pour mon premier livre, seules les femmes venaient à mes lectures. Aujourd’hui, de plus en plus suivent le régime avec leur mari ou leur copain. Dans tous les cas, on sait que les hommes en général maigrissent plus vite, mais les Français ont aussi leur défis.

La société de production d’Hilary Swank [l’actrice de Million Dollar Baby] a acheté les droits de production de French Women Don’t Get Fat. Savez-vous où en est le projet ?

Non, c’est actuellement un gros point d’interrogation. En même temps, c’est un sujet difficile à mettre sur grand écran car c’est à la fois un livre de recette et un guide sur un style de vie. Il faut trouver un scénariste qui comprenne tout cela.

Un conseil à l’approche des copieux repas des fêtes de fin d’année ?

C’est idiot de faire des orgies en décembre puis, lorsqu’arrive janvier, d’entamer un régime où l’on se prive de tout. Il faut être modéré, ne pas oublier de boire beaucoup d’eau et de marcher au moins vingt minutes par jour. On peut manger de tout si on sait comment gérer les quantités. Pour l’alcool, c’est la même chose : un ou deux verres suffisent en n’oubliant pas de manger quelque chose, même si ce n’est qu’une olive, afin de couvrir l’estomac.

Quels sont vos futurs projets ?

En 2011, je serai à Abu Dhabi et aux Pays-Bas, où mon livre de recettes va être lancé.  Je vais aussi partir en tournée en Chine et au Japon, où le problème d’obésité commence à être de plus en plus important alors que les gens n’avaient pas vraiment de souci avec leur poids. Il faut réapprendre à la jeune Japonaise à manger correctement. Les femmes travaillent et n’ont plus le temps de préparer des repas comme nos mères : il faut donc qu’elles s’organisent autrement.


The French Women Don’t Get Fat Cookbook
de Mireille Guiliano, Atria Books, 2010.