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La Française qui voulait rencontrer Michelle Obama

Elle est arrivée toute seule, avec quelques économies personnelles, aucun contact, et l’envie de vivre une expérience forte. C’était en plein coeur de l’hiver 2011, exceptionnellement froid à New-York. Marie Ottavi a quitté Paris pour faire “un break” dit-elle. Après plusieurs année dans la presse people à Paris, elle a ressenti le besoin de prendre son indépendance, de “barouder” : le Mexique d’abord, puis New York où son idée de “chaîne d’interviews” a pris corps.  Rencontrer une personne, qui lui en recommendera une autre, et ainsi de suite… il lui fallait un but, Marie l’a trouvé : remonter jusqu’à Michelle Obama.

Pourquoi elle ? “Je voulais sortir du people. C’est une grande personnalité, la Première dame des États-Unis, mais elle n’est pas une star comme les autres, elle dépasse cela. Elle est abordable, proche des gens, elle s’engage contre l’obésité, fait du jardinage. Et en même temps, c’est la personne la moins facile à approcher”.

“J’ai commencé la fleur au fusil”

Pour gagner ce défi, la jeune journaliste ouvre un blog, Uptomichelleproject.Tumblr.com, où l’on peut retrouver son premier interlocuteur, le nigérian Obinna qui l’a dirigée vers Preston, puis Luis etc… Ils sont 9 en tout à se dévoiler au fil d’une conversation façon “questionnaire de Proust”. Plus Marie avance, plus elle a de difficultés : “j’ai commencé la fleur au fusil, en m’éloignant volontairement du réseau français de New York, en n’utilisant aucun de mes contacts parisiens. Les Américains sont super busy, ils ne comprennent pas l’intérêt de ma démarche parce qu’il n’y a pas d’impact concret immédiat. Ils croient à un sketche. Ils ont des craintes”.

“Refaire le monde, c’est un art vraiment français”

Quand je lui dit que son projet est peut-être plus artistique que journalistique, elle ne conteste pas : “remonter jusqu’à Michelle Obama est un objectif auquel je ne renonce pas, mais c’est vrai que c’est davantage un prétexte pour faire une galerie de portraits, faire la photographie d’une génération”. A New York, Marie a eu des désillusions : “cette ville a été dure avec moi. J’ai souffert ici. C’était l’hiver, j’étais seule. Je n’avais pas beaucoup d’argent. Au départ, les gens sont très gentils, très chaleureux, mais c’est superficiel. Ils n’ont jamais le temps. Et s’ils n’y voient pas leur intérêt, ils passent leur chemin. Construire des relations, refaire le monde, c’est un art vraiment français”. Marie ne s’est pas laissée abattre, cherchant sans cesse à “convaincre, convaincre, convaincre…. avec mon anglais pas terrible en plus”.

Fin juin, son voyage prend fin, elle doit rentrer à Paris. Son dernier interlocuteur, Adair, un entrepreneur qui gère la communication de plusieurs stars, n’a eu que quelques minutes à lui accorder et lui a conseillé quelqu’un, mais il ne lui reste que deux semaines et elle est encore trop loin de la Maison Blanche : “c’est trop court, je n’y arriverai pas cette fois-ci. Mais je n’abandonne pas. Je tenterai de poursuivre depuis Paris et sans biaiser, alors que je pourrais tricher et utiliser mes réseaux. Je reviendrai aux États-Unis. Je ne lâcherai pas”.

Son récit est un curieux mélange de doutes et de détermination. Elle avoue : “J’ai peut-être commis des erreurs. J’aurais dû mieux me preparer, être plus méthodique”. “Mais j’ai beaucoup appris, dit-elle. Sur les Américains, sur moi. Je mènerai cette aventure jusqu’au bout, je sais que c’est possible”.

De ces six mois passés outre-Atlantique, Marie va faire un livre. Elle a déjà reçu le soutien d’une librairie parisienne, OFR. Et puis, elle a trouvé l’amour, “au Texas !”.

 

 

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