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La France hérite d’une Europe gelée

Paris a pris mardi les rênes de l’Union européenne pour six mois dans un climat tendu. Le ‘non’ irlandais au traité de Lisbonne, le refus du président polonais Lech Kaczinski de ratifier le traité et les échanges virulents entre le commissaire européen du commerce Peter Mandelson et Nicolas Sarkozy annoncent une présidence difficile.

Après la Slovénie, la France. Mardi 1er juillet 2008, Paris a succédé à Ljubljana à la présidence de l’Union européenne, pour une durée de six mois. Alors que Nicolas Sarkozy avait fait du retour de Paris au centre de l’Europe une de ses promesses électorales en 2007, la nouvelle présidence de l’Union hérite de dossiers sensibles, dans un contexte de paralysie institutionnelle et de crise économique mondiale. Pour couronner le tout le président Nicolas Sarkozy et le commissaire européen du commerce Peter Mandelson ont exprimé ce mardi leur profond désaccord concernant l’agriculture européenne.

Dans l’immédiat, la présidence française devra tenter de démêler un nœud majeur. Le 12 avril dernier, les électeurs irlandais ont rejeté le traité de Lisbonne à 53,4% et ont paralysé l’UE. A ce rejet irlandais, viennent s’ajouter les atermoiements polonais. Varsovie a déclaré ce matin, qu’il était désormais inutile de ratifier ce traité, qui doit assurer le bon fonctionnement des institutions européennes et permettre a l’UE de s’affirmer sur le plan international.

En 2005, la France et les Pays-Bas avaient provoqué un blocage similaire en rejetant la constitution européenne, notamment rédigée par Valery Giscard d’Estaing. Régie par les amendements du traité de Nice; entré en vigueur en 2003, qui n’avait pas été prévu pour réguler une union a vingt sept membres, la France devra trouver une solution rapide à la crise que l’UE traverse avant de pouvoir lancer les réformes qu’elle espère mettre en place avant les élections européennes de 2009:

Généralisation du principe de l’"immigration choisie".

Paris propose une loi commune aux Vingt-sept pour permettre de faciliter la régulation de l’immigration au sein de chaque pays membre et la lutte contre la clandestinité.

Intensification de la lutte contre le réchauffement climatique.

L’Elysée souhaite la mise en place du "paquet carbone", qui engage chaque Etat membre à réduire de 20 a 30 % ses gaz a effet de serre d’ici à 2020. Préparation des conférences de Poznan en Pologne (fin 2008) et de Copenhague (en 2009) qui devront statuer sur l’après-Kyoto. Le protocole qui régule les émissions de CO2 expire en 2012.

Augmentation de 20 % de l’efficacité énergétique des Vingt-sept

– Gestion de la crise alimentaire mondiale provoquée par la hausse des prix des denrées de base en développant plus de partenariats Nord-Sud

– Mise en place d’une véritable politique européenne de défense (PED).

Lors de sa conférence de presse mardi au siège des Nations unies a New York, Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France a l’ONU, a souligné l’importance de l’engagement militaire européen, au sein des Nations unies. Une façon pour lui d’esquisser la nécessité d’une force de défense commune aux Vingt-sept.

Création de l’Union pour la Méditerrannée

Nicolas Sarkozy appelle à un partenariat solidaire entre les membres de l’Union européenne, et certains pays du nord de la Méditerrannée. Cette alliance espérée s’attaquerait notamment à la dépollution de la mer. Elle intensifierait les coopérations entre les universités et faciliterait les échanges scientifiques.

Jean-Maurice Ripert a également évoqué mardi l’esprit de modestie et d’ambition dans lequel la présidence française a décidé d’aborder son mandat européen.

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