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La France perd son AAA aussi auprès de Moody’s, qui la dégrade d’un cran

Moody’s a abaissé lundi soir d’un cran la note de la dette de long terme de la France, qui perd ainsi son précieux Aaa, meilleure distinction possible, auprès d’une deuxième grande agence d’évaluation financière internationale après Standard and Poor’s en début d’année.

Moody’s a attribué à la France la note Aa1, assortie d’une perspective négative, ce qui signifie qu’elle pourrait à nouveau l’abaisser à moyen terme, selon un communiqué publié dans la soirée. Pour justifier sa décision, l’agence, qui menaçait d’abaisser la note française depuis le 13 février, évoque des “perspectives économiques de long terme affectées de manière négative par de multiples défis structurels”, dont “une perte de compétitivité graduelle mais continue” et “des rigidités des marchés du travail, des biens et des services”.

Elle cite aussi des “perspectives budgétaires incertaines en raison de la dégradation des perspectives économiques”. Selon elle, les prévisions de croissance du gouvernement (0,8% en 2013 et 2% les années suivantes) pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit public sont “exagérément optimistes”. Moody’s prédit donc des “dérapages budgétaires” et “des mesures de consolidation supplémentaires”.

Enfin, selon Moody’s, la capacité de la France à résister à d’éventuels nouveaux chocs futurs de la zone euro “diminue”, et ce d’autant que son exposition aux pays fragiles de l’Union monétaire, via les liens commerciaux ou bancaires, “est beaucoup trop importante”. Les réformes récemment annoncées par le gouvernement français sont bienvenues mais ne devraient pas suffire à rétablir la compétitivité du pays, estime en outre l’agence.

Si elle relève “un fort engagement en faveur des réformes structurelles et de la consolidation budgétaire”, mais juge que les mesures en faveur des entreprises annoncées début novembre “ne devraient pas, seules, avoir l’ampleur suffisante pour rétablir la compétitivité”. Moody’s rappelle que la France a rarement réussi à faire aboutir de telles réformes ces vingt dernières années. L’agence abaisse parallèlement les notes de la Société de financement de l’économie française (SFEF) et de la Société de prise de participation de l’Etat (SPPE), également de Aaa à Aa1 avec perspective négative.

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