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La France s’intéresse aux modèles de “prisons sans barreaux” autrichiennes

Le secrétaire d’Etat français à la Justice Jean-Marie Bockel a visité mardi deux établissements dits “prisons sans barreaux” dans les environs de Vienne dans l’idée de développer ce système de vie carcérale alternatif en France.

M. Bockel, accompagné de l’expert Paul-Roger Gontard qu’il a chargé d’une mission d’évaluation de ce type de modèle carcéral en Europe, a précisé à la presse à Vienne qu’il attendait pour fin février “une étude sur le cadre géographique, économique et humain, qui sont les trois piliers des établissements ouverts”.

Le premier des deux établissements autrichiens visités près de Vienne, celui de Muenchendorf existe depuis 1974 et permet aux détenus, soigneusement sélectionnés, de travailler la journée dans l’agriculture (culture céréalière et élevage bovin et porcin) avant de regagner un centre fermé le soir. Le second établissement à Simmering permet aux condamnés de choisir entre six formations professionnelles dans l’artisanat (maçon, peintre, menuisier ou cuisinier entre autres) couronnées d’un diplôme en vue de faciliter leur réinsertion dans la société.

“A Muenchendorf j’ai vu une grande ressemblance au niveau du travail et de la vie des personnes, mais aussi des différences avec ce qui se fait à Casabianda en Corse”, seul établissement carcéral ouvert en France et qui existe depuis 60 ans, a précisé le secrétaire d’Etat. Il a déploré que Casabianda ne dispose pas d’une unité de traitement psychiatrique à proximité.

Rappelant qu’au Danemark, en Belgique et Suède notamment le taux d’incarcération dans ces “prisons sans barreaux” a déjà atteint 10%, M. Bockel a souligné que ses efforts entraient dans le cadre de la réforme pénitentiaire lancée fin 2008.

“Je connais mon pays et je ne dirai pas qu’il faut un gosplan sur dix ans mais si on réfléchit déjà dans chaque établissement comment développer des nouveaux concepts ce serait déjà pas mal”, a-t-il ajouté.

Après la remise du rapport de l’expert et si le Garde des Sceaux et les responsables du secteur pénitentiaire acceptent l’idée “je ferai des propositions très pragmatiques”, a encore dit M. Bockel qui a également eu un entretien avec son homologue autrichienne Claudia Bandion-Ortner.

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