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La France tend les bras à Hollywood

Les professionnels du cinéma se sont réjouis jeudi du système de crédit d’impôt créé pour les tournages de films étrangers en France, qui devrait attirer les studios américains et pourrait rapporter à l’horizon de 2010, de 200 à 250 millions d’euros d’activité pour le secteur.

Quentin Tarantino parti tourner en Allemagne son dernier film, “Inglorious bastards”, qui se déroule pourtant en France pendant la Seconde guerre mondiale, Woody Allen qui met entre parenthèses un projet dans l’hexagone en raison de coûts trop élevés: ces échecs ne devraient plus se reproduire.

“En 2008, les dépenses de production étrangères n’ont représenté que 3,7 millions d’euros sur quatre films tournés en France, ce fut une année catastrophe !” explique à l’AFP Thierry de Segonzac, qui préside la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia.

Le système de crédit d’impôt international, adopté mercredi au Parlement, introduit un abattement fiscal de 20% des dépenses de production réalisées en France, avec un plafond fixé à 4 millions d’euros.

Pour y être éligible, une production étrangère devra dépenser au moins un million d’euros sur le territoire, et y tourner au minimum cinq jours.

La France est désormais à même de concurrencer efficacement l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la République tchèque, qui attirent à l’heure actuelle nombre de tournages grâce à leurs systèmes fiscaux incitatifs et à leur main d’oeuvre qualifiée et, en ce qui concerne Prague, peu onéreuse.

“Cette mesure devrait rapporter entre 100 et 150 millions d’euros d’activité pour l’industrie du cinéma, les transports, la restauration… dès l’an prochain et entre 200 et 250 millions vers 2010 ou 2011”, estime M. de Segonzac.

En termes d’emplois, ce crédit d’impôt devrait générer dès l’an prochain quelque 480 journées de tournage, et 165.000 journées de travail pour les intermittents du spectacle et les industries techniques.

Selon la Ficam qui s’appuie sur des études, les films étrangers tournés sur le terroitoire français, principalement les grosses productions américaines, ont aussi des retombées économiques indirectes d’un montant équivalent, en stimulant l’industrie touristique et la vente de produits “made in France”.

Jeudi, l’organisme Film France qui promeut le territoire national auprès des industries cinématographiques étrangères, s’est félicité de l’instauration d’un mécanisme qui “bénéficiera à l’ensemble de la filière production” du pays.

“La raison d’être de cette mesure est de convaincre des producteurs étrangers de tourner en France des films dont l’intrigue est liée à notre territoire, mais qui sont souvent filmés dans des pays étrangers”, a rappelé le président de Film France Nicolas Traube, dans un communiqué.

Des grands films étrangers tournés en France tels que “Marie-Antoinette” de Sofia Coppola ou “Les vacances de Mister Bean” y avaient généré entre 15 et 20 millions d’euros de dépenses, rappelle Film France.

 

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