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« La francophonie fait partie de moi »

Valérie Broussard, 28 ans, est étudiante à Lafayette (Louisiane). De culture cadienne, elle vit la francophonie au quotidien pour perpétuer son héritage.

Quand elle parle en français, son accent a des intonations québécoises. Valérie Broussard, 28 ans, est toutefois de culture cadienne (cajun). Originaire de Lafayette, dans le sud-ouest de la Louisiane, la jeune femme qui prépare son doctorat en études francophones, aide à perpétuer l’héritage francophone de la Louisiane. Chaque jeudi soir, elle anime une émission de radio en français sur KRVS, une station locale. Elle participe ponctuellement aux « tables francophones », ces réunions organisées dans tout le sud de la Louisiane, au cours desquelles les participants parlent en français. « La francophonie fait partie de moi », dit-elle pour expliquer sa démarche.

La transmission du français dans cette région de la Louisiane s’apparente à un passage de témoin intergénérationnel. Valérie Broussard a commencé à apprendre le français à l’âge de 4 ans avec  sa grand-mère. « Elle est décédée quand j’avais 6 ans et mes leçons sont parties avec elle », raconte la jeune femme. Les programmes d’immersion de son école ont pris le relais. À 20 ans, elle s’est rendue en France pour y étudier une année et  est arrivée à Paris une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001. « À cette époque, je disais aux gens que j’étais cadienne ou de Louisiane », poursuit-elle. « Je ne disais pas que j’étais américaine, car je n’avais pas envie de parler des attentats ».

En France, Valérie Broussard dit avoir pris conscience de l’importance de la culture cadienne. C’était l’époque où, dit-elle, elle parlait le français sans accent. « J’avais quasiment honte de parler avec mon grand-père, car je n’avais pas l’accent cadien », ajoute-t-elle. Après un séjour en Belgique, elle a passé 6 mois en 2006 en Nouvelle-Écosse, au Canada. « C’est là que mon accent a changé », glisse-t-elle en riant.

Pour elle, ce fut un retour aux sources. Les Cadiens (Cajuns) sont en effet les descendants des Acadiens qui avaient été déportés de Nouvelle-Écosse vers la Louisiane durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Valérie Broussard dit aujourd’hui avoir l’intention de « soutenir » sa culture, de la « vivre ». Outre son émission de radio et sa participation aux « tables », elle fait partie d’un regroupement de jeunes Cadiens et se rend à des soirées francophones. La messe du dimanche est aussi, pour elle, l’une des manières de vivre sa culture cadienne. « Presque tous mes amis sont cadiens », précise-t-elle. « Aujourd’hui, il y a une véritable fierté d’être cadien » dans la région de Lafayette.

À la fin de ses études l’année prochaine, Valérie Broussard souhaite, dans un premier temps, s’installer en Amérique du Sud pour y apprendre l’espagnol. À son retour aux États-Unis, elle projette de devenir professeur de français.

Infos pratiques
Pour écouter l’émission de Valérie Broussard: www.krvs.org

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