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« La Francophonie incarne des valeurs communes comme la solidarité, la diversité culturelle ou la démocratie »

BOSTON Pierre de Cocatrix, chef de cabinet d’Abdou Diouf, le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Paris, a célébré, le 20 mars, la journée de la Francophonie à Boston et à Providence.  Le diplomate suisse a notamment assisté au lever de drapeau de la Francophonie dans les parlements de Rhode Island et du Massachusetts. Un geste symbolique qui le réjouit. Entretien.

Qu’est-ce que la Francophonie
?
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est une institution fondée il y 39 ans à Niamey  (Niger), sur le partage d’une langue et d’un certain nombre de valeurs communes. Elle regroupe 70 États – soit un tiers des États membres de l’ONU – et représente 200 millions de locuteurs francophones sur 5 continents.

Quelles valeurs défendez-vous ?

L’OIF n’est pas là que pour défendre la langue française. Elle incarne et défend des valeurs communes comme la solidarité, la diversité culturelle, la démocratie, les droits de l’homme, le droit à l’éducation. C’est ce que nous célébrons chaque année le 20 mars. Il faut aussi préciser que la défense de la langue française n’est pas une attaque contre l’anglais. Nous sommes pour l’anglais, mais nous voulons qu’il y ait parallèlement d’autres grandes langues de communication comme le français, l’espagnol et le portugais.

La Francophonie a-t-elle aussi une vocation politique ?
Oui, la Francophonie a deux missions essentielles : une mission politique et une mission de coopération multilatérale. Tous les deux ans, les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la Francophonie se réunissent et y abordent plusieurs grandes thématiques dont la paix, la démocratie, l’État de droit, la coopération, l’éducation ou encore le développement durable.

Quelles sont les relations de la France avec les autres pays membres de la Francophonie ?
La France est l’un des 70 États membres de la Francophonie. Elle joue un rôle essentiel et historique. Elle est l’un des principaux bailleurs de fonds de l’OIF, mais il y en a d’autres comme le Canada, le Québec, la Communauté française de Belgique ou la Suisse. L’OIF est basée à Paris. Le président de la République vient de mettre à la disposition de l’Organisation une Maison de la Francophonie dans laquelle nous pourrons regrouper tous nos départements qui sont pour l’instant éparpillés dans Paris.

Quelle vision avez-vous de la francophonie aux États-Unis ?
Les États-Unis ne sont pas membres de la Francophonie, mais il y a deux communautés francophones très importantes : en Louisiane et en Nouvelle-Angleterre. Nous collaborons de manière informelle avec ces deux entités régionales. Notre souhait le plus fort est d’accroître cette coopération. C’est d’ailleurs l’une des raisons de ma présence à Boston.

Dans quels domaines souhaitez-vous collaborer avec la Louisiane et la Nouvelle-Angleterre ?

Nous souhaitons notamment promouvoir les échanges universitaires et la mobilité des étudiants. Nous pouvons également développer les programmes de formation des enseignants de français aux États-Unis.

La Louisiane possède une agence gouvernementale, le CODOFIL, pour promouvoir le français. De quoi faciliter la collaboration dont vous parlez.
Oui, le CODOFIL est l’organisme institutionnel avec lequel nous travaillons. Mon vœu le plus cher serait d’avoir une structure similaire en Nouvelle-Angleterre. Nous espérons la création d’une telle institution dans la région de Boston.

Les célébrations auxquelles vous avez assisté vous encouragent-elles ?
Oui. J’ai notamment assisté pendant ces deux jours à plusieurs manifestations dont la levée du drapeau de la francophonie dans les parlements de Rhode Island et du Massachusetts. C’est un geste symbolique que nous apprécions énormément. Cela prouve que ces deux États sont conscients du rôle de la Francophonie. Cela dépasse même le symbole. Ces deux États veulent faire vivre la Francophonie et ses valeurs. Il y a une véritable infrastructure ici, notamment grâce à l’infrastructure consulaire. Quand je vois les Alliances françaises, les Chambres de commerce, ou les Associations de  professeurs de français, je me rends compte des efforts qui sont faits. Il  y a un engagement très important qui mérite d’être encouragé et poursuivi.

Et comment intéresser les jeunes Américains à l’apprentissage du français ?

C’est notre objectif principal ici. Pour y parvenir, il faut une prise de conscience de la part des professeurs de français, mais également des parents d’élèves. Ces derniers peuvent sensibiliser leurs enfants sur la nécessité de parler le français en plus de l’anglais. Nous souhaitons aussi faire en sorte que les élèves américains puissent, de manière générale, avoir le choix d’une deuxième langue étrangère en plus de l’espagnol.

Infos pratiques

www.francophonie.org

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