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La French Touch au pays du soccer

Ces dernières années, le football connaît un essor fulgurant aux Etats-Unis. France-Amérique s’intéresse ici au phénomène soccer et souligne le rôle de certains Français dans l’épanouissement de la culture foot sur le sol américain.

“Il y a dix ans, New York ne comptait qu’une dizaine de terrains de football, contre près d’une centaine aujourd’hui. Mais en raison de l’explosion du nombre de pratiquants, ce n’est toujours pas suffisant !”, remarque Stéphane, un Français installé aux Etats-Unis depuis son adolescence. Lui et ses amis tapent dans le ballon chaque lundi sur le terrain du Thomas Jefferson Field à Harlem, à l’instar de milliers de New-Yorkais fraîchement convertis au sport le plus populaire du monde. “Auparavant, seuls les Latinos et les Européens y jouaient”, précise-t-il, “mais aujourd’hui toutes les communautés s’y adonnent.” Comme à New York, la ferveur pour ce sport déferle sur tout le pays. A tel point que le foot rivalise avec les disciplines traditionnelles que sont le base-ball et le football américain et devient l’un des sports les plus pratiqués.

Autrefois considéré comme exclusivement féminin, le football est aujourd’hui un sport mixte qui enregistre un nombre croissant de pratiquants. “Il y a quinze ans, on dénombrait près d’1,2 million de licenciés dont une grande majorité (80%) de filles. Depuis, le nombre de licenciés a doublé et les garçons sont aussi nombreux que les filles”, souligne le sociologue du sport Jay Coakley, professeur à l’Université du Colorado. Selon le chercheur, ce nombre pourrait encore fortement croître : “A ce rythme-là, nous atteindrons les 4 millions dans les dix ans pour nous placer à la tête des pays comptant le plus de licenciés.”

L’influence française

Manager actuel de la franchise de Major League Soccer (MLS) des New York Red Bulls, le Français Jérôme de Bontin est un témoin privilégié de cette (r)évolution. Membre de la Fédération américaine pendant plus de dix ans, il estime que la place actuelle du football au sein de la société américaine aujourd’hui est logique. “Le pays a mis plus de temps que prévu pour adopter ce sport. La grande diversité des sports majeurs américains ne laissait que peu de place aux autres disciplines.

Mais une meilleure médiatisation et les bons résultats des sélections américaines ont éveillé l’intérêt pour le ballon rond”, affirme l’ancien président de l’AS Monaco. Il promet un avenir radieux au soccer : “La MLS est en pleine expansion, les stades se remplissent et un très grand nombre de jeunes pratiquent ce sport. Les conditions sont réunies pour faire des Etats-Unis une grande puissance mondiale du football.” Outre Jérôme de Bontin, nombreux sont les acteurs venus de l’Hexagone qui contribuent, sur ou en dehors des terrains, à la croissance du phénomène soccer aux quatre coins du pays.

Premier joueur français à avoir traversé l’Atlantique pour évoluer chez les New York Metrostars en 2005, l’ancien international Youri Djorkaeff a été l’une des premières stars internationales à rejoindre la MLS, bien avant David Beckham. “C’était bizarre parce qu’aucun Français n’avait foulé les pelouses de MLS avant moi”, confie-t-il. Deux saisons durant, il a été l’idole des New-Yorkais et a partagé son expérience avec une équipe composée de jeunes joueurs. Cinq ans plus tard, une autre référence du football tricolore reprend le flambeau et devient l’une des têtes d’affiche de la ligue.

Arrivé en 2010, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France Thierry Henry signe avec les New York Red Bulls. “Il donne une autre exposition à la ligue et permet clairement d’attirer de nombreux fans dans les stades du pays”, précise Marc Stein, journaliste football à ESPN. Ainsi, l’équipe sponsorisée par la célèbre boisson énergisante a enregistré une augmentation de 20% de l’affluence moyenne depuis l’arrivée de l’ancien joueur d’Arsenal et le maillot floqué du numéro 14 est aujourd’hui le plus vendu de toute la MLS. L’autre club de la ville, les New York Cosmos, a lui parié sur l’ancienne gloire Eric Cantona pour retrouver le plus haut niveau après presque trente ans d’inactivité. “Je vais essayer d’apporter mon expérience à ce club”, précise Cantona, enthousiaste à l’idée d’aider au développement d’une des “futures grandes terres du football mondial.”

Le système de formation français comme référence

Bien moins médiatisés que Cantona et Henry, des dirigeants et techniciens français travaillent dans l’ombre afin de développer le soccer aux Etats-Unis. Ainsi, aux côtés de Jérôme de Bontin, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France Gérard Houllier s’occupe des opérations football pour le groupe Red Bull. “Nous souhaitons partager notre savoir-faire français en matière de formation, reconnu mondialement”, explique l’ancien entraîneur du PSG. “Le pays dispose d’un réservoir de joueurs énorme, ce qui nous offre une base de travail intéressante. Nous contribuons à l’ouverture de centres de formation qui permettront au football national d’être plus compétitif”, déclare-t-il.

Au niveau amateur, certains techniciens français n’hésitent pas non plus à parier sur la montée en puissance du football en investissant dans la formation. C’est le cas d’Alexis Gallice, fondateur du French Soccer Institute (FSI), un centre de formation à la française qui ouvrira prochainement ses portes à San Clemente en Californie. “L’idée est d’utiliser notre expertise en matière d’éducation sportive afin de faire progresser les jeunes joueurs américains”, indique Gallice. De New York à Los Angeles, en passant par Chicago, l’accent français se fera de plus en plus entendre sur les terrains de football du pays.

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