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La gauche joue la montre sur les retraites au Sénat, vote repoussé à mercredi prochain

La gauche joue désormais la montre au Sénat où le débat sur le projet de réforme des retraites s’enlisait mercredi au lendemain d’une mobilisation record dans la rue avec l’entrée en scène des jeunes.

“Les grondements populaires se font entendre chaque jour un peu plus”, a lancé Annie David (CRC-SPG, communiste et parti de gauche) en défendant un des très nombreux amendements déposés par son groupe. Il restait mercredi en fin de journée encore plus de 830 amendements à examiner. Devant l’impossibilité de boucler le débat avant la nouvelle journée d’action prévue samedi, le gouvernement a dû repousser à mercredi prochain le vote du texte qui était à l’origine prévu vendredi. Les sénateurs en étaient encore à discuter l’article 3 consacré à l’amélioration du droit à l’information des assurés. Les articles 5 et 6 qui comportent les mesures phare du texte –report de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans et de départ sans décote de 65 à 67 ans– examinés en priorité à la demande du gouvernement ont été adoptés ces derniers jours. Le projet de loi comporte 33 articles. “L’opposition a toutes les armes”, convenait une source proche de l’exécutif. La conférence des présidents, qui fixe l’ordre du jour du Sénat, a programmé des séances supplémentaires samedi après-midi et nuit, lundi matin, après-midi et soir, mardi après-midi et soir et enfin mercredi après-midi. “Je ne vois pas comment on pourrait finir avant mardi ou mercredi à moins que le président Larcher n’utilise des méthodes autoritaires comme son homologue de l’Assemblée, Bernard Accoyer, ce qui m’étonnerait” avait souligné auparavant en marge du débat le patron des sénateurs PS, Jean-Pierre Bel. M. Accoyer avait suspendu d’autorité le 15 septembre le débat sur les retraites pour que le vote intervienne à la date prévue.

Amendement après amendement, les sénateurs CRC-SPG, PS ou Verts très nombreux dans l’hémicycle multiplient les prises de paroles pour tenter de modifier la réforme. La majorité UMP et centriste, également très présente, écoute imperturbable la gauche dérouler ses arguments, demeurant convaincue du bien fondé de la réforme. “On ne peut pas faire autrement que d’agir sur l’âge de départ de la retraite, il s’agit de sauver nos retraites, la démocratie n’est pas dans la rue mais au parlement”, déclarait en marge du débat François Trucy (UMP). Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi que le gouvernement “ne peut plus aller plus loin” dans les concessions sur la réforme. Rare moment consensuel, trois amendements identiques présentés par les socialistes, des centristes et des UMP prévoyant l’élaboration, en cas de divorce, d’un relevé comparatif des droits à la retraite acquis par les deux conjoints, et l’information des assurés en cas de travail partiel et d’expatriation, ont été adoptés à l’unanimité. Ces amendements émanent de recommandations faites par la Délégation aux droits des femmes du Sénat. “Ca coûte pas grand chose quand c’est de l’information, mais quand il s’agit de donner quelque chose aux femmes vous le refusez” a toutefois réagi Marie-France Beaufils (CRC-SPG). La séance a également été l’occasion d’échanges sur la participation des jeunes aux manifestations. “Depuis 48 heures vous vous acharnez à stigmatiser les jeunes de ce pays”, or “les jeunes quand ils s’occupent de la cité sont responsables”, a lancé David Assouline (PS). “Vous jouez au pompier pyromane, qui allume l’incendie et essaye de l’éteindre après”, a rétorqué le ministre du Travail, Eric Woerth.

 

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