Subscribe

La hausse du prix du boeuf se répercute sur les burgers

Les prix de la viande de boeuf bondissent sur les marchés aux Etats-Unis, conséquence logique de l’envolée des cours des matières premières agricoles qui commence à affecter directement les amateurs de steaks et de burgers.

Le géant du fast food McDonald’s, qui présentait lundi ses résultats financiers, a reconnu qu’il allait devoir répercuter une partie la hausse des matières premières sur ses prix. C’est le marché du boeuf “qui pourrait être le plus volatil pour nous”, a reconnu son directeur financier Peter Bensen.

“Les grands groupes comme McDonald’s ont déjà négocié les prix du boeuf pour une grande partie de l’année”, indique à l’AFP RJ Hottovy, qui suit le secteur de la restauration pour la firme financière Morningstar. Pour autant, “je m’attends à des hausses de prix sur les menus”, prévient l’analyste. “C’est un terrain glissant, parce qu’on est dans un environnement où les consommateurs se sont habitués à des prix bas. Il sera difficile d’augmenter les prix, mais c’est désormais nécessaire”.

La livre de viande de boeuf a dépassé 1,10 dollar à la mi-janvier, du jamais vu sur le Chicago Mercantile Exchange, la Bourse des matières premières de Chicago, où elle est cotée. Elle s’est renchérie de 25% en un an. L’effet se fait déjà sentir dans les assiettes. Selon le ministère américain de l’Agriculture, l’indice des prix à la consommation s’affichait en décembre en hausse de 6,1% sur un an pour le boeuf.

Ce mouvement semble logique, alors que les prix du blé, maïs et soja, utilisés pour l’alimentation animale, se sont envolés en 2010 respectivement d’environ 45%, 50% et 35%. “Le marché (du boeuf) a été dopé en grande partie par la hausse des prix de l’alimentation animale”, confirme Dax Wedemeyer, qui analyse les marchés agricoles pour US Commodities. “Il y aussi de bonnes exportations”.

Aux Etats-Unis, la consommation profite de la reprise. “Une grande partie de la demande en viande des restaurants américains s’oriente vers le boeuf, pour les hamburgers et les steaks”, observe Chad Hart, professeur d’économie agricole à l’université de l’Iowa (centre des Etats-Unis). “Avec la récession, les gens ont eu tendance à moins manger à l’extérieur, cela a affecté la demande”, ajoute-t-il.

Déclin du cheptel

Côté offre, le pays fait face à un déclin de son cheptel, passé de plus de 130 millions de têtes dans les années 1970 à moins de 100 millions aujourd’hui, selon Chad Hart. “La demande est bonne, et le nombre de bêtes diminue”, constate Ryan Taylor, à la tête d’un ranch de plus de 200 bovins dans le Dakota du Nord, dans l’extrême nord des Etats-Unis.

L’éleveur raconte à l’AFP avoir vendu des bêtes à environ 1,40 dollar la livre en ce début d’année, “le meilleur prix obtenu depuis que je suis revenu sur le ranch après l’université, en 1992”, et contre 1,10 dollar environ un an plus tôt. “Nos dépenses aussi ont augmenté, les prix des carburants sont élevés, mais c’est un répit bienvenu pour nous”, estime-t-il. “C’est bien plus facile de rester sur nos terres. A ce niveau, personne ne devient riche, mais nous pouvons payer les factures, élever nos enfants et économiser un peu d’argent pour nos charges de l’année prochaine”.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related