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La lingerie à l’honneur

À l’occasion de la “market week”, une semaine consacrée aux salons professionnels dédiés à la mode à New York, la lingerie et le maillot de bain s’exposent au Javits Center. Du 3 au 5 août, défilés et stands de quelque 200 marques s’offrent aux visiteurs, complétés par un séminaire. Les attractions ne manquent pas pour les adeptes des tendances Printemps-été 2009, qui foulent les allées de la galerie dédiée au salon “Curve NY”. Rencontre avec la Française Laurence Teinturier, fondatrice, avec son mari Jean-Luc, de “Curvexpo”.

Que représente la deuxième édition de Curvexpo New York?
C’est un salon où 200 marques de lingeries et de maillots de bain sont exposées pendant trois jours. Nous avons prévu un défilé avec un éventail des signatures présentes. Il y a aussi un séminaire animé par Liz Smith (chroniqueuses télé spécialiste du soutien-gorge, ndlr) et quelques acteurs, pour coacher les Américaines dans leurs choix de taille de soutien-gorge, notamment. Il s’agit essentiellement de rassembler le plus de professionnels possibles au même endroit pour que les rencontres soient fructueuses pour tous. En somme, nous nous occupons de trouver des clients pour nos clients. Il y a les créateurs, qui exposent, et les acheteurs qui viennent faire leur marché, dans une ambiance la plus agréable possible.

Quand et comment avez-vous décidé de vous lancer dans la mode?

Ma mère m’a élevée dans l’atmosphère de la mode, elle y avait consacré ses études. Je me souviens que nous recevions toujours le magazine Elle à la maison, elle disait que c’était sa « bouffée d’oxygène ». J’ai toujours été passionnée par cet univers, sans jamais délaisser le côté « business » du marché. J’ai fait l’école de commerce Sup de co à Toulouse et, à 23 ans, on m’a proposé de monter une boutique à New York, sur Madison Avenue. J’en ai monté plusieurs, puis j’ai rencontré mon mari. Nous avons créé « France-Ligne » en 1987, sur le bord d’une table de cuisine. Nous avons monté notre premier salon en février 2007, et fin août, nous exposerons aussi à Las Vegas.

Pourquoi la lingerie ? Est-ce une spécificité française, et une façon de garder un lien avec vos origines?

L’industrie de la lingerie requiert un maximum de sérieux et de compétences précises. Faire un soutien-gorge, ça n’est pas la même affaire que de produire un t-shirt ! C’est d’autant plus passionnant. La lingerie est absolument une spécificité française et italienne. Cela vient du corset, qui recommence à faire fureur, d’ailleurs. Pour le concevoir, à l’époque on utilisait des tissus spéciaux que l’on ne trouvait qu’en France ou en Italie. Aux États-Unis, on n’avait pas de soutien-gorge, mais des sortes de brassières, dont la production se rapproche de celle du T-shirt. C’était donc intéressant d’importer ici la culture et le savoir-faire français en matière de lingerie. Nous allons à Paris tous les deux mois, en voyage professionnel. Avec les moyens de communication et de transport d’aujourd’hui, New York, c’est un peu la banlieue de Paris…

Le monde de la lingerie est-il à l’abri de la crise financière?
Tout le monde est craintif, il n’y a pas de secteur qui soit épargné par la perte de confiance du consommateur. Mais quand je vois le nombre d’acheteurs venus au salon, je me dis que l’équation a bien fonctionné. La crise fait que les exposants travaillent plus, pour fabriquer un produit neuf et original, qui surprenne les acheteurs, qui eux restent prudents. La lingerie, on a besoin d’en changer régulièrement!

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