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La main de Thierry Henry suscite un débat enflammé chez les politiques

La qualification à l’arraché de la France pour le Mondial grâce à une main de Thierry Henry a suscité jeudi des réactions enflammées dans la classe politique, entre défenseurs du fair-play critiquant une victoire consécutive à une faute et partisans d’un certain opportunisme.

Dans la soirée, l’affaire a pris un tour diplomatique, le Premier ministre irlandais Brian Cowen se prononçant pour une nouveau match. Son homologue François Fillon avait peu auparavant estimé que les gouvernements ne devaient pas “s’immiscer dans le fonctionnement de la fédération internationale”.

Au lendemain de ce match sous haute tension, la ministre de la Santé et des sports Roselyne Bachelot a résumé l’ambivalence des émotions ressenties par de nombreux Français, entre “un lâche soulagement et une grande inquiétude”.

Mêmes sentiments mêlés pour Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, “soulagé” par l’issue du match, mais “pas fier” de la manière dont il a été remporté. “Une victoire avec bleu à l’âme”, a-t-il dit.

Pour certains responsables politiques, la France s’est couverte de honte mercredi soir. “Cette victoire est volée” et le sélectionneur Raymond Domenech “devrait exprimer ses regrets publics” envers l’Irlande, a tonné le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers.

Le député PS François Loncle ricane: “c’est un peu comme le gouvernement, on a une équipe de nuls, malgré quelques éléments de qualité, et un entraîneur, un chef qui est détesté par de plus en plus de Français”…

Le président du Front national Jean-Marie Le Pen juge pour sa part que “Thierry Henry aurait dû signaler lui-même à l’arbitre qu’il avait commis une faute”. “Légalement la France a gagné, mais sportivement elle a perdu”.

Trois députés UMP membres du groupe d’amitié France-Irlande ont eux aussi réclamé que ce match “honteux” soit rejoué.

Moins tranché dans son jugement, l’ancien numéro un du PS François Hollande juge qu’il s’agit d’un “incident grave sur le plan de l’éthique sportive” qui ne doit toutefois pas déboucher sur un “débat national”. “La main d’Henry n’est pas politique”, résume l’élu, pour qui l’incident soulève en priorité la question de l’introduction de la vidéo dans l’arbitrage.

Il est rejoint dans son analyse par le porte-parole de l’UMP Frédric Lefebvre, qui du coup s’en est pris directement au patron de l’UEFA Michel Platini, opposant obstiné à la vidéo pour assister les arbitres.

Mais pour de nombreux élus, les erreurs d’arbitrage font partie du jeu. L’arbitrage “nous a été favorable sur ce coup-là, cela n’a pas toujours été le cas”, rappelle le porte-parole adjoint de l’UMP Dominique Paillé, évoquant la demi-finale de la Coupe du Monde 1982 face à l’Allemagne, lorsque le Français Patrick Battiston avait été agressé et blessé par le gardien adverse, sans que celui-ci ne soit expulsé.

“Nous sommes un drôle de pays où même quand on est qualifiés, on débat et on est tristes”, observe le député PS Manuel Valls.

“La main de Thierry Henry, c’est le summum de la chance”, estime le coprésident des Verts au Parlement européen Daniel Cohn-Bendit, mais “le football, c’est comme ça”.

“Je me dis que dans un monde idéal, il faudrait rejouer le match”, avance le patron du MoDem François Bayrou. “Mais le monde n’est pas encore idéal”.

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