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La maison bleue de Maxime Le Forestier a retrouvé sa couleur d’antan

C’est officiel : la “maison accrochée à la colline” de Maxime Le Forestier est redevenue bleue, après avoir arboré pendant quelques années un habit verdâtre moins seyant.  Le 22 juin, au cours d’une cérémonie lors de laquelle une plaque commémorative a été apposée sur la façade, le chanteur a retrouvé ce lieu mythique, source d’inspiration de l’un de ses premiers succès « San Francisco », hymne hippie qui reste indémodable malgré les années.

« Je suis venu à San Francisco en 1971 parce que j’avais rencontré Lux Alexandre, un Belge, qui m’avait dit que c’était un bel endroit pour vivre », raconte Maxime Le Forestier qui, quatre décennies après son séjour chez les hippies, a refait le pèlerinage à San Francisco pour retrouver sa maison bleue. « Ce qui m’a séduit dans cette maison, c’était l’esprit des jeunes du quartier, colorés et différents, qui cherchaient à être heureux », confie-t-il.  Pourtant, le chanteur n’avoue aucune nostalgie. Lorsqu’on lui demande ce qu’il ressent lorsqu’il voit son nom et sa photo désormais accolés à la façade du numéro 3841 de la 18e rue,  fraîchement repeinte, il réplique que cela ne lui fait « aucun effet ». « Moi, vous savez, ce qui m’intéresse, ce ne sont pas les murs mais les gens. Ce qui me fait de l’effet, en revanche, c’est de voir que cette chanson a marqué tant de gens. Ils me disent presque tous qu’ils sont venus à San Francisco à cause de moi ».

Un relookage orchestré de France

L’opération de relookage a commencé l’été dernier. Alexis Venifleis, un jeune français, stagiaire au San Francisco Chronicle, le journal local, se met en quête  de cette maison élevée au statut de mythe dans l’imaginaire des Français. « J’ai cherché, cherché, cherché, notamment dans Haight Ashbury, le quartier des hippies. Personne n’était capable de m’indiquer si cette maison existait vraiment », raconte-t-il. « Jusqu’au jour, où je suis tombé sur un article de Sophie Delassein, journaliste au Nouvel Observateur, qui évoquait la chanson. Proche du chanteur pour lui avoir consacré une biographie (rééditée ce mois-ci), Sophie Delassein contacte Maxime Le Forestier qui retrouve, dans un vieux calepin, l’adresse de la maison bleue, située dans Castro, le quartier gay de San Francisco, et non celui du Summer of Love comme l’assurrait la France entière.

Scandale !  La maison était devenue verte.  La photographie de la maison dans son nouvel habit vert circule aussitôt sur la Toile. « Nous avons vu éclore sur Internet un mouvement de gens qui souhaitaient que la maison soit repeinte en bleu. J’ai d’abord pensé qu’ils étaient dingues », raconte Maxime Le Forestier. Sophie Delassein convainc pourtant le chanteur de redonner à la maison  sa couleur d’antan. La société de peinture Ressources  relève alors le défi  et prend en charge la peinture et tous les frais de relookage  (une opération onéreuse, repeindre une maison de cette taille coûtant plus de 20 000 dollars).

Une maison à 2 millions de dollars

Le tout a été rendu possible grâce à la bonne volonté d’Amy Silverstein et Angela Padilla, les propriétaires de la maison verte. « Lorsque nous avons acheté la maison il y a presque quatre ans,  les propriétaires avaient tenté de nous convaincre que le prix de vente était justifié sous prétexte qu’un célèbre chanteur français avait vécu dans cette maison. J’avoue qu’à l’époque, nous avions jugé l’argument peu convaincant », confie Amy Silverstein.

Louée jadis pour une bouchée de pain (175 dollars par mois) par une grande « famille » de hippies, la maison bleue de Maxime Le Forestier vaut aujourd’hui plus de 2 millions de dollars. « Ce n’est que le jour où Alexis, le journaliste du San Francisco Chronicle, a frappé à ma porte et qu’une de mes amies françaises m’a confirmé qu’il s’agissait d’un monument de la chanson française que j’ai réalisé l’importance historique de notre maison pour les Français. Nous avons donc accepté de jouer le jeu car nous trouvions cela plutôt drôle », poursuit-elle.

Selon Romain Serman, le consul de France de San Francisco, le 3841 de la 18e rue va désormais devenir un lieu de pèlerinage. « Qu’ils y viennent à pied ou pas, qu’ils en aient la clé ou pas, les Français sauront aujourd’hui où se trouve cette maison bleue adossée à la colline », a-t-il déclaré en dévoilant la plaque commémorative qui identifie désormais ce haut lieu.

Seule Bella, 9 ans, fille aînée des propriétaires de la maison bleue, ne semble pas impressionnée par tout ce battage médiatique autour de son domicile: « J’habite désormais dans une myrtille géante », soupire-t-elle…

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