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La marée noire en Louisianne risque d’engluer le débat sur le climat

La marée noire qui menace les côtes de Louisiane est un coup dur pour le président américain Barack Obama qui venait d’annoncer une expansion du forage pétrolier en mer dans l’espoir de rallier des républicains à une loi sur le climat en préparation au Sénat.

M. Obama a troublé ses partisans et les écologistes quand il annoncé en mars que son administration envisageait de lever le moratoire sur les forages pétroliers dans de nouvelles zones maritimes. Et en février, il avait fait part de son intention d’accorder huit milliards de dollars pour aider à la construction d’une centrale nucléaire.

Ces deux nouvelles orientations, chères aux républicains, visaient à favoriser un compromis sur la loi sur le climat. Une grande partie de l’opposition estime en effet que les réductions d’émissions de gaz à effet de serre prévues par le projet de loi menacent l’économie du pays.

L’industrie pétrolière assure que les futures explorations au large des côtes de Virginie (est), de l’Alaska et de la Floride (sud) seront sans danger pour l’environnement. Mais la menace qui pèse sur la Louisiane après le naufrage d’une plateforme pétrolière le 22 avril remet en cause cette assertion.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a reconnu jeudi que la marée noire allait “bien sûr” avoir un impact sur la réflexion du président en matière d’exploitation pétrolière en mer.

Plusieurs sénateurs indiquent désormais que leur soutien au projet de loi sur le climat, qui vise à donner un prix au CO2 et à favoriser le développement des énergies renouvelables, devra être assorti de garanties de sécurité pour les côtes de leur Etat.

Le sénateur démocrate du New Jersey, Robert Menendez, a indiqué mercredi dans le New York Times qu’il “aurait de grandes difficultés à soutenir le projet de loi” si plusieurs conditions n’étaient pas respectées: “la possibilité pour les Etats voisins de mettre leur veto” à tout nouveau projet de forage, l’étude “sérieuse” de l’impact écologique avant toute autorisation ou la présence de “zones tampons” entre les installations en mer et les côtes.

Un sénateur de Floride, Bill Nelson, a déclaré la semaine dernière qu’il estimait nécessaire de réexaminer les données de la dernière décennie “afin de vérifier qu'[elles] ne vont pas à l’encontre des déclarations de l’industrie sur la sécurité” des plateformes.

Le gouverneur de Floride, Charlie Crist, qui s’était exprimé plusieurs fois en faveur de forages au large des côtes, a indiqué mardi qu’il pourrait changer d’avis, selon le New York Times. “C’était, si j’ai bien compris, une plateforme assez récente avec des technologies modernes. Je ne crois pas qu’elle était assez éloignée. Je suis à peu près sûr qu’elle n’était pas assez propre. Et il ne semble pas qu’elle était assez sûre”, a-t-il dit après avoir survolé la zone endommagée en hélicoptère.

Un responsable de l’administration a tenté de rassurer mercredi en expliquant que l’accident, qui a fait 11 morts, était extrêmement rare et que les forages étaient soumis à une surveillance particulière.

Pour chaque nouveau projet, la loi prévoira une analyse environnementale approfondie, une enquête publique, une évaluation minutieuse des risques et une évaluation des capacités des autorités locales à réagir en cas de marée noire, a précisé le responsable.

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