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La marque « Europe Ecologie » doit se structurer

Europe Ecologie, malgré un score en deçà de ses espérances au premier tour des régionales (12,2%), apparaît comme une “marque d’attraction forte”, et Daniel Cohn-Bendit veut en profiter pour structurer rapidement le rassemblement en vue de 2012.

Selon un sondage OpinionWay pour le Nouvel Observateur diffusé mercredi, moins d’un électeur d’Europe Ecologie sur deux aux européennes (42%) a confirmé son vote dimanche dernier, 25% ayant porté leur choix sur le PS, 5% vers l’UMP. Mais sur les électeurs ayant voté EE au premier tour des régionales, 28% s’étaient abstenus ou avaient voté blanc ou nul au scrutin européen de juin 2009 (41% avaient déjà voté EE, 5% PS, 5% MoDem, 2% UMP et 2% NPA).
C’est donc du côté des abstentionnistes qu’EE gagne des voix. “Ca prouve qu’Europe Ecologie devient une marque d’attraction forte”, analyse Denis Pingaud, d’OpinionWay.

Pour Daniel Cohn-Bendit, même si EE n’a pas atteint aux régionales le “minimum syndical” de 15% qu’il escomptait (après ses 16,28% aux européennes), le rassemblement est désormais la “troisième force politique” en France, une force “incontournable” pour le PS dans les régions mais aussi dans la perspective de 2012 et d’un “groupe autonome” écologiste à l’Assemblée. Il est donc temps de structurer durablement et rapidement le mouvement hybride entre Verts et non-Verts, selon lui. “Dany” doit d’ailleurs lancer, en ce sens, un nouvel “appel du 22 mars”, au lendemain du deuxième tour des régionales, 42 ans après celui de Nanterre, précédant Mai 68. “En ayant une autre pratique politique, on réunit des pans entiers de la société qui n’auraient jamais imaginé faire une partie de ce chemin ensemble”, se réjouissait-il au Cirque d’hiver lors du dernier grand meeting d’avant 1er tour d’EE.

“Il ne faut pas demander ‘d’où viens-tu?ù mais +où veux-tu aller avec nous?+”, “welcome to the club!”, lançait-il le 8 mars à Strasbourg, notamment à Corinne Lepage – qui vient de démissionner du MoDem – et Antoine Waechter (Mouvement écologiste indépendant).

“Le problème, c’est la métamorphose des Verts et de ceux qui ne sont pas Verts dans une nouvelle formation ensemble” pour qu’”on décide des stratégies de 2012”, affirme-t-il, se donnant jusqu’à la fin de l’année pour créer ce “nouveau réseau” qui pourrait prendre un autre nom qu’Europe Ecologie.

Le frère aîné de “Dany”, Gabriel, dont l’association “Les amis d’Europe Ecologie” comprend des gens du MoDem ou d’anciens collaborateurs de Nathalie Kosciusko-Morizet, milite aussi “pour qu’Europe Ecologie devienne une force qui ne dépende plus de l’appareil des Verts”.

Mais “pourquoi on se dissoudrait?”, demande Jean-Vincent Placé. Pour le numéro deux des Verts, “le seul moment d’intégration possible dans un parti fédéral, c’est après la présidentielle” où le parti, colonne vertébrale opérationnelle et financière d’EE, veut présenter un candidat.

De longues discussions en perspectives aux “assises de l’écologie” qui doivent avoir lieu en juin entre partisans et opposants de la ligne Cohn-Bendit.

“Dany”, “les Verts de base l’aiment bien et en même temps ils le détestent”, explique Daniel Boy, chercheur au Cevipof. Car pour le politologue, “il leur dit des choses insupportables du genre ‘je suis libéral’, ‘pourquoi on ne cause pas avec Bayrou’ ou ‘on soutient les socialistes en 2012 en échange de circonscriptions’. Mais comme ils s’aperçoivent que c’est le seul qui a réussi, qu’il a un rôle crucial”, ils “se font violence”.

 

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