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La ministre de l’écologie redoute “une catastrophe nucléaire” au Japon

La ministre de l’Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet a redouté “une catastrophe nucléaire à partir de la centrale de Fukushima” en arrivant mercredi après-midi à l’audition de la filière nucléaire à l’Assemblée nationale.

“Les dernières informations en provenance du Japon ne sont pas bonnes”, ce qui fait craindre “une catastrophe nucléaire à partir de la centrale de Fukushima”, a déclaré la ministre, auditionnée par les députés avec son homologue de l’Industrie Eric Besson ainsi que des responsables d’Areva et de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

“Les réacteurs numéro deux et probablement numéro trois sont déconfinés. Il y a des rejets de radioactivité déjà importants dans l’atmosphère”, a-t-elle ajouté. “Le niveau d’une des piscines de stockage des combustibles baisse. Ces piscines sont en dehors d’une zone confinée. Donc s’il y a des relâchements de radioactivité cela part directement dans l’atmosphère”, a-t-elle dit.

“Le nucléaire civil reste un atout pour notre pays et en même temps il ne faut pas sous-estimer l’ampleur de ce qui se produit au Japon et en tirer les conclusions pour l’ensemble du nucléaire civil dans le monde et donc en France”, a déclaré de son côté Eric Besson. Interrogé sur les risques de radioactivité en Europe, le ministre a répété “ce que disent les experts ‘pour l’instant, les risques sont minimes'”.

Le député Europe Ecologie-Les Verts Yves Cochet a qualifié l’audition d'”opération politique de la majorité pour rassurer nos concitoyens en faisant sans doute la différence entre le nucléaire japonais et le Français”. Il a déclaré ne pas faire confiance au gouvernement pour assurer l’audit des centrales françaises annoncé la veille par le Premier ministre: “Si le CEA, Areva et EDF sont contrôlés uniquement par ANS ou l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), ce sont les mêmes gens qui se connaissent depuis trente ans”, a-t-il dit, plaidant pour la participation “des associations”.

Malgré l’inquiétude de plus en plus vive exprimée par le gouvernement, Nicolas Sarkozy a profité du Conseil des ministres pour réaffirmer son refus de remettre en cause le virage nucléaire opéré dans les années 1960 par la France.

Comme il l’avait fait dès lundi en petit comité devant les responsables de l’UMP, le chef de l’Etat a souligné la “pertinence” de cette option pour le pays, “élément indispensable de son indépendance énergétique”. Nicolas Sarkozy a écarté l’idée d’un référendum sur le nucléaire exigé par les écologistes ou même celle d’un débat organisé, réclamée par les ONG de défense de l’environnement.

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