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La ministre français du Commerce extérieur dénonce la “splendide ambivalence” des Etats-Unis

La ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq a appelé lundi l’Union européenne et les Etats-Unis à mener leurs négociations commerciales “cartes sur table” et a mis en garde contre une “vision idéalisée de la relation euro-américaine” et contre la “splendide ambivalence” des Etats-Unis.

Dans une tribune publiée lundi dans le quotidien Libération intitulée “Etats-Unis – Europe : Halte au poker menteur”, Mme Bricq appelle une nouvelle fois à la plus grande transparence dans les vastes négociations lancées le 8 juillet, dans le but de créer l’une des plus grandes zones de libre-échange du monde. “Je sais qu’il est de coutume dans une négociation d’avancer masqué, de ne pas montrer son jeu, de bluffer pour arriver à ses fins. C’est la règle”, écrit Mme Bricq. “Mais si la discussion que nous sommes en train de mener avec les Etats-Unis concerne bien un partenariat, si nous traitons d’égal à égal, alors nos pratiques doivent évoluer, sinon les discussions tourneront au dialogue de sourds. Jouons carte sur table de part et d’autre de l’Atlantique et construisons ensemble un accord du XXIè siècle”, poursuit-elle, avant de conclure par un “chiche ?”.

Pour Mme Bricq, qui laisse libre cours, dans cette tribune, au franc-parler qui la distingue, ajoute qu’avec les écoutes en Europe de l’agence nationale de sécurité américaine, “les Etats-Unis ont une nouvelle fois fait la preuve de leur splendide ambivalence”. “Ils restent le pays de tous les possibles dont nous envions, nous Français, le dynamisme et l’énergie et dans le même temps, cette puissance ombrageuse incapable de résister aux tentations que lui confère sa suprématie”, précise-t-elle.

Transparence dans les négociations

Ces révélations sur les écoutes ont aussi, selon elle, “brutalement ramené à la réalité ceux qui persistaient à avoir une vision idéalisée de la relation euro-américaine”. La ministre réitère sa demande de voir rendu public par la Commission européenne le mandat de négociations qui lui a été donné par les Etats-membres. La Commission avait répondu le 16 juillet qu’une telle publication revenait aux Etats membres eux-mêmes.

Entreprises, syndicats de salariés, associations de consommateurs, organisations non gouvernementales, élus doivent être consultés dans la “transparence”, au sujet de cette négociation qui, “si elle aboutit, va bouleverser les règles du commerce international et concerner nos choix de société”, avertit une nouvelle fois Mme Bricq. “Cet accord, s’il est bien négocié, nous permettra de gagner en potentiel de croissance, d’attractivité, de dynamique d’innovation, de création d’entreprises”, estime la ministre.

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