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La mobilisation lycéenne ne faiblit pas, émaillée de nombreux incidents

La mobilisation des lycéens, désormais au coeur de la contestation sur les retraites, n’a pas faibli vendredi, émaillée de violences souvent dues à des casseurs, tandis que la police a reçu ordre de “limiter l’usage de la force au strict nécessaire” face aux lycéens.

Entre 306 lycées, selon le ministère de l’Education nationale, et 900, selon l’Union nationale lycéenne (UNL), ont été perturbés à des degrés divers et plusieurs milliers de jeunes ont manifesté partout en France.

Ils étaient, selon la police, 3.000 à défiler à Tours, 2.500 à Reims, 1.600 à Nantes, un millier à La Rochelle, Lyon, Orléans et Versailles, 950 à Nice, 800 à Béthune, 700 à Rennes, 500 à Angoulême, Arras, Bordeaux, Boulogne, Epernay, Nice et Saint-Nazaire, ainsi que 3.000 dans les principales villes du Nord et plusieurs centaines à Paris et Marseille.

“Malgré ce que Sarkozy essaie de faire croire, les jeunes sont capables de sortir eux-mêmes pour dénoncer la réforme des retraites qui va leur supprimer toute perspective d’avenir”, a déclaré à l’AFP devant le Sénat le président de l’UNL, Victor Colombani.

“La plupart des salariés actuellement n’arrivent pas à atteindre les 40 années de cotisation alors pour nous, avec les périodes de chômage et de précarité, ce sera extrêmement difficile d’avoir 42 ans de cotisation et la conséquence directe sera une baisse des pensions”, a expliqué à Versailles le président du syndicat étudiant Unef de l’université, Yoan Pinaud.

Mais les manifestations ont été émaillées de nombreuses dégradations dues le plus souvent à des “casseurs”, dont 151 ont été interpellés selon le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux.

Alliance, second syndicat de police, a évoqué des “scènes de guérilla urbaine”.

A Lyon, 35 jeunes ont été interpellés pour des dégradations et des jets de pierre sur les forces de l’ordre. A Toulouse, des voitures ont été caillassées et en Seine-Saint-Denis l’inspecteur d’académie a dénoncé de la “casse pure et dure”.

Deux lycéens ont été blessés à Brest et Fresnes (Val-de-Marne) et une femme proviseur adjoint légèrement blessée à Bordeaux. Treize policiers ont été blessés dans la petite couronne parisienne, dont un assez grièvement dans le Val-de-Marne.

A Dijon, un jeune majeur a été condamné à 12 mois de prison, dont un mois ferme, pour avoir jeté “une bouteille de vodka” sur un policier jeudi, et à Meaux (Seine-et-Marne) un autre de 20 ans a été condamné à un mois ferme, pour jets de projectiles mercredi sur des policiers.

Le lycéen de 16 ans, qui a été grièvement blessé par le tir d’un flash-ball jeudi à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a été admis à l’hôpital parisien Lariboisière où il devrait être opéré. Il souffre de multiples fractures à la pommette, au nez et au sinus. A la suite de cet incident, le préfet de police de Paris a rappelé à la police les “conditions restrictives d’usage” du flash-ball, et le maire de Montreuil, Dominique Voynet (Verts), entend porter plainte et saisir la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).

A Caen, une enquête sur les échauffourées de mardi entre policiers et manifestants a été confiée à la police des polices, à la suite d’une plainte du père d’un manifestant grièvement blessé.

Le ministre de l’Intérieur a demandé à la police de “limiter l’usage de la force au strict nécessaire” face aux lycéens.

“La journée de jeudi a été une sorte de tournant”, a commenté le président de l’UNL: “le gouvernement a joué la carte de la répression, mais l’UNL appelle à se montrer plus fort que le gouvernement et à ne pas répondre par de la violence”.

 

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