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La mort à New York du directeur de Sciences Po reste inexpliquée

La mort du directeur de Sciences Po, Richard Descoings, restait inexpliquée mercredi, l’autopsie de son corps à New York n’ayant pas permis de parvenir à un résultat concluant.

“Nous avons fait une autopsie aujourd’hui, mais elle n’est pas concluante, et nous devons faire d’autres tests toxicologiques et de tissus”, a précisé à l’AFP une porte-parole, Ellen Borakove, en précisant que les résultats de ces examens ne seraient pas connus avant “dix ou quinze jours”. M. Descoings, 53 ans, qui se trouvait à New York pour participer à une conférence, a été découvert mort, mardi après-midi, sur son lit d’une chambre d’hôtel de Manhattan. “L’enquête se poursuit”, a déclaré un porte-parole de la police de New York.

Cette mort a suscité une vive émotion en France dans la classe politique et le monde éducatif, nombre de personnalités saluant un “visionnaire”, “infatigable et passionné” ayant donné une “impulsion remarquable” à son école, durant ses 16 ans à la tête de Sciences Po Paris. La femme de Richard Descoings, Nadia Descoings, était attendue mercredi à New York, accompagnée des deux enfants de son premier mariage.

Le commissaire adjoint Paul Browne a déclaré que les enquêteurs n’avaient pas de “preuve d’acte criminel”. Après avoir évoqué une chambre en désordre, il avait précisé mardi soir que ce désordre était dû au personnel médical qui avait cherché à ranimer M. Descoings, découvert mort vers 13h locales. Le désordre “n’est pas dû à une lutte”, avait-il précisé, ajoutant que le corps ne portait “pas de signe de traumatisme”.

Il a aussi semblé écarter l’idée d’un cambriolage qui aurait mal tourné, précisant que l’ordinateur portable de M. Descoings avait été retrouvé “à proximité”. Cet ordinateur et le téléphone de M. Descoings auraient été jetés par la fenêtre de sa chambre au 7e étage, et retrouvés quatre étages plus bas. Après avoir évoqué “la possibilité que d’autres personnes se soient trouvées dans la chambre à un moment donné”, M. Browne s’était ensuite refusé à tout commentaire sur le sujet.

Le New York Post, citant des sources policières, évoquait mercredi la visite de “deux hommes”, et des bouteilles d’alcool vides et des anti-dépresseurs trouvés dans la chambre. En déplacement à Montréal, Guillaume Pepy, patron de la SNCF et ami très proche de M. Descoings, a été appelé pour se rendre sur les lieux du drame, ont précisé des sources proches de la famille.

Le directeur de Sciences Po était descendu dans la chambre 723 de l’hôtel Michelangelo, dans le centre de Manhattan, pour participer à une conférence de dirigeants d’universités à l’université Columbia, sous l’égide du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Une cérémonie à sa mémoire devait avoir lieu à Columbia mercredi soir.

En France, à Science Po, élèves et enseignants ont rendu toute la journée mercredi un hommage ému à ce directeur hors normes. “Richie, c’était un peu une idole, quelqu’un de mythique, mais il restait accessible”, racontait Yann Kerhoas, étudiant en première année. Nicolas Sarkozy a salué un homme “à la carrière exceptionnelle d’un grand serviteur de l’Etat” qui a “profondément réformé” Sciences Po.

François Hollande, candidat socialiste à l’élection présidentielle, a salué en M. Descoings “l’une des figures les plus importantes et les plus reconnues du monde éducatif et universitaire”. M. Descoings avait récemment regretté son “outing forcé” : “je ne vois pas ce que ma prétendue homosexualité a à voir. C’est en plus survenu à l’occasion de mon mariage. Que répondre ? Que je ne suis pas homosexuel ? Non, rien”.

Après l’affaire DSK en mai dernier, c’est la deuxième fois en 10 mois que la police new-yorkaise mène une enquête sur une importante personnalité française.

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