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“La mort de Ben Laden n’affectera pas Al-Qaïda”

La mort d’Oussama Ben Laden n’affectera pas son mouvement, estime Abboud al-Zomor, un des fondateurs du Jihad islamique égyptien et ami du nouvel homme fort d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, un Egyptien lui aussi.

“Al-Qaïda n’est pas une personne, c’est une institution” a-t-il déclaré mardi au Caire, et son chef tué dimanche lors d’une opération américaine au Pakistan est un “martyr dont la mort ne changera rien”. Toutefois, “je dis (à ses partisans) qu’il leur faut être patients. Ne cherchez pas la vengeance. Si vous attaquez des touristes ou des ambassades, vous attaquerez des innocents”, a souligné le militant islamiste récemment sorti de prison.

“Résoudre les problèmes implique un retrait des territoires occupés”, a-t-il ajouté en référence à la présence militaire en Afghanistan et en Irak, de même qu’une “politique équilibrée de la part des Etats-Unis en Palestine”.

Mais il reconnaît aussi que les soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte ont affaibli le soutien aux groupes prônant la lutte armée, en montrant qu’une autre voie était possible pour renverser des régimes autoritaires. “Cela a fait émerger un nouveau mécanisme pour tenir les régimes responsables de leurs actes” et cela a “amoindri le soutien et l’importance de la lutte armée”, a-t-il admis dans un entretien téléphonique.

Son organisation, le Jihad islamique égyptien, a fait parler d’elle en organisant l’attentat dans lequel a péri en 1981 président Anouar al-Sadate. Une partie du groupe a par la suite rejoint Al-Qaïda. Interrogé sur Ayman al-Zawahiri, comme lui un ancien du Jihad islamique égyptien, qu’il a retrouvé en prison après cet attentat, il assure qu’il s’agit d’un “homme avec un bon coeur”.

Abboud al-Zomor est sorti de prison en mars dernier avec un de ses cousins, Tarek al-Zomor, comme lui reconnu coupable d’implication dans l’assassinat du président Sadate. Bien que les deux hommes ont purgé leur peine en 2006 pour Abboud et 2003 pour Tarek, ils avaient été maintenus en détention par le régime du président déchu Hosni Moubarak, chassé par la rue le 11 février, avant d’être libérés par les nouvelles autorités.

Il reste soumis à une période de surveillance de cinq ans

Ayman al-Zawahiri, numéro deux d’al-Qaïda sous Oussama Ben Laden et “cerveau” de l’organisation, fut lui aussi impliqué dans l’attentat contre Sadate par des islamistes, et emprisonné trois ans en Egypte. Zawahiri, dont on ignore où il se trouve, est condamné à mort par contumace en Egypte où il est accusé d’être derrière plusieurs attentats, dont celui de Louxor en 1997, où 62 personnes dont 58 touristes avaient été tuées.

Il est considéré comme la cheville ouvrière des attentats les plus sanglants d’Al-Qaïda, dont ceux du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, et sa tête est mise à prix pour 25 millions de dollars par le département d’Etat américain. Son frère, Mohammed al-Zawahiri, qui avait été libéré lui aussi en mars après avoir passé plus de dix ans en prison en Egypte, avait été remis en détention quelques jours plus tard, les autorités expliquant qu’il avait été libéré par erreur.

Mohammed al-Zawahiri avait été condamné pour avoir suivi un entraînement militaire en Albanie et “planifié des opérations militaires” en Egypte.

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