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La mort emporte Jean Ferrat

Le chanteur Jean Ferrat, décédé samedi à l’âge de 79 ans, était un artiste engagé, au service de tous les combats pour la fraternité, la révolte et l’idéal communiste, mais également un poète fou d’Aragon, qu’il a interprété avec talent. Il était l’auteur-interprète et compositeur de quelque 200 chansons.

Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine), Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, a 11 ans lorsque son père, juif émigré de Russie, est déporté. L’enfant est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu’il n’oubliera jamais.

A la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille, et devient aide-chimiste jusqu’en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens.

Après avoir écrit la musique des “Yeux d’Elsa” (1956) pour André Claveau, il chante régulièrement à “La Colombe”, puis fait sa première grande scène à l’Alhambra en 1961 où il triomphe avec “Ma môme”, et “Deux enfants au soleil”.

Rapidement, Jean Ferrat choisit d’interpréter des textes plus engagés, comme “Nuit et Brouillard” (1963), non diffusée par les radios, puis “Potemkine” (1965), interdite d’antenne.

Compagnon de route du PCF, sans jamais en avoir été membre, il affirme haut et fort ne pas être un “béni-oui-oui” du parti. Ainsi ses chansons “Camarade” qui dénonce l’invasion russe de Prague en 1968, ou “Bilan” (1980) qui fustige la déclaration de Georges Marchais sur le “bilan globalement positif” des pays de l’Est.

En 2007, Jean Ferrat s’était prononcé en faveur d’une candidature de l’altermondialiste José Bové comme représentant d’une gauche antilibérale pour l’élection présidentielle. Son dernier engagemen

t politique était dans le cadre de la campagne des élections régionales le soutien de la liste du Front de Gauche en Ardèche.

A la scène, qu’il quitte après un passage au Palais des sports en 1972, il préfère son Ardèche d’adoption, qui lui inspire “La Montagne”, l’un de ses plus grands succès. En 1974 et 1995, Jean Ferrat consacre avec succès deux albums à Louis Aragon dont il met les textes en musique (“Que serais-je sans toi?”, “Heureux celui qui meurt d’aimer”).

Réticent à passer à la télévision, le chanteur sort d’un long silence en 2003, pour l’émission “Vivement Dimanche” de Michel Drucker. Il y défend ses deux passions, la chanson et la politique, s’insurgeant notamment contre la grande industrie du disque qu’il estime dangereuse pour la liberté de création.

Jean Ferrat, qui a été marié à la chanteuse Christine Sèvre, décédée en 1981, avait reçu le prix de l’académie Charles Cros (1963) et le grand prix de la chanson de la SACEM (1994).

 

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