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La nouvelle coalition de l’opposition syrienne réclame des armes

La nouvelle coalition de l’opposition syrienne, reconnue par les pays du Golfe et soutenue par la Ligue arabe, a réclamé des armes pour aider les rebelles qui combattaient mardi les troupes du régime de Bachar al-Assad à Damas et dans sa région.

Après 20 mois de conflit sanglant, le chef de la coalition, Ahmad Moaz al-Khatib, a demandé à la communauté internationale des “armes adaptées” pour que la rébellion puisse “mettre fin à la souffrance des Syriens et à l’effusion de sang”. Au lendemain de la formation de cette entité, qui doit à terme nommer un gouvernement provisoire, seules les monarchies du Golfe, fervent soutien de la rébellion, l’ont formellement reconnue comme “représentant légitime du peuple syrien”, la Ligue arabe et la France se contentant de lui apporter leur soutien.

L’organisation panarabe l’a qualifiée de “principal interlocuteur” et de “représentant légitime de l’opposition”, une reconnaissance prudente qui vise à satisfaire tous ses membres. Certains pays arabes soutiennent l’opposition à Bachar al-Assad, tel le Qatar, parrain des discussions à Doha qui arme et finance les rebelles, tandis que d’autres, tels l’Irak et l’Algérie, ont exprimé des réserves sur cette reconnaissance. Alors que plusieurs composantes de l’opposition, jusqu’ici réticentes à rejoindre les rangs du Conseil national syrien (CNS), ont rejoint la coalition, la Ligue a appelé les derniers opposants hors de cette entité à leur emboîter le pas.

Paris va également “soutenir” la coalition, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, sans toutefois se prononcer sur une reconnaissance formelle, après une rencontre au Caire avec son chef Ahmad Moaz Al-Khatib, et George Sabra, chef du CNS, principale composante de la nouvelle formation. Sans surprise, Washington et Londres qui ont multiplié les appels à l’union de l’opposition, lui ont promis leur soutien, tandis que Moscou, grand allié de Damas, réitérait son appel au dialogue avec M. Assad, option déjà rejetée par les opposants qui exigent le départ du chef d’Etat.

Les chefs de la diplomatie russe et du Golfe s’entretiendront d’ailleurs mercredi à Ryad de la transition politique en Syrie. D’autres ont aussitôt exhorté la coalition à agir. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a pointé le danger d’un débordement du conflit. Et Human Rights Watch et Amnesty International l’ont appelée à lutter contre les exactions commises par les rebelles, des vidéos d’exécutions sommaires de soldats ayant récemment déclenché des condamnations internationales. L’émissaire du pape au Liban, le cardinal Robert Sarah, a salué l’accord de Doha. “Au moins nous avons une structure avec laquelle discuter”, a-t-il estimé, affirmant toutefois ne pas pouvoir juger “si cette structure sera un événement positif pour apporter la paix”.

La région de Damas au coeur des combats

Sur le terrain, de nouveaux combats entre soldats et rebelles ensanglantaient Damas et sa proche banlieue, pilonnée par l’artillerie du régime, où une quarantaine de personnes, pour moitié des civils, ont été tués, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). La télévision d’Etat a rapporté que l’armée avait tué de nombreux “terroristes”, terme par lequel Damas désigne les rebelles, dans plusieurs banlieues de la capitale.

D’autres affrontements et des raids aériens ont frappé Rass al-Aïn, dans le nord-est kurde, où les insurgés ont récemment pris un poste-frontière vers la Turquie, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies a évacué son personnel opérant dans cette région, jusque là considérée comme sûre.

En outre, le gouverneur de la province de Raqa (nord) a été grièvement blessé dans un attentat qui a coûté la vie à deux autres personnes, de même source. Selon un premier bilan de l’ONG, 62 personnes, dont 28 civils ont péri mardi, au lendemain de la mort de 151 personnes dans des violences en Syrie, en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé qui a fait plus de 37.000 morts, selon l’OSDH.

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