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La nouvelle vie du saxophone

Le saxophone, pour la plupart, évoque le jazz et le rhythm & blues de la Nouvelle Orléans, et les grands instrumentistes tels que Charlie “Bird” Parker ou John Coltrane. Mais il est d’abord un instrument classique, d’origine française ! Adolphe Sax, le fabricant d’instruments belge qui l’a inventé en 1846, avait emménagé à Paris, qui était alors l’un des grands centres musicaux du monde, où il l’a fait breveter.

Plusieurs des plus grands compositeurs français ont écrit pour le saxophone, y compris Debussy (« Rhapsodie »), Ravel (« Boléro) et Bizet (« L’Arlésienne »). Mais parce qu’il était l’instrument acoustique le plus jeune, le saxophone n’est jamais devenu populaire et l’intérêt a décliné. Cependant, Sax a réussi à faire intégrer l’instrument dans des bandes militaires et grâce à son héritage français, il a voyagé jusqu’à à la Nouvelle Orléans où il est devenu un instrument de base du jazz et de la musique populaire.

Deux musiciens basés à New York ont voulu redécouvrir des pièces écrites pour le saxophone classique et parrainer de nouvelles œuvres. Jean-Pierre Schmitt, un chef d’orchestre français et fondateur de la French-American School of Music à New York, a engagé Javier Oviedo, natif du Texas, comme professeur de saxophone. Il a découvert plus tard qu’Oviedo était aussi un virtuose du saxophone classique. Les deux hommes ont décidé d’explorer le répertoire de cet instrument, en voyageant d’abord à la Bibliothèque Nationale à Paris. Ceci les a amenés  au New England Conservatory à Boston. Ils ont découvert là-bas de nombreux manuscrits et ont fini par reconstituer des partitions et parties, en redécouvrant beaucoup de merveilles musicales inconnues.

Ils ont alors donné deux concerts très bien reçus à la Nouvelle Orléans et à Paris, en privilégiant le saxophone classique. Ceci les a conduits à créer le Projet du Saxophone Classique, fin de 2007, dont la mission est de mettre en valeur le statut de l’instrument à travers des concerts, des enregistrements et l’éducation. Encouragés, ils ont pu inspirer des compositeurs contemporains à écrire pour cet instrument négligé. C’est ainsi que lors de deux concerts en mai et juin, Jean-Pierre Schmitt a dirigé l’excellent orchestre de chambre Muendo au Knickerbocker Club et au DiMenna Center for Classical Music, où ils ont présenté plusieurs œuvres nouvelles passionnantes telles que « Three O’Clock  de Byron Bellows et « The Adventures of the Blue Cat », musique descriptive du jeune compositeur Philippe Treuille ; ou encore « Obsession » d’Hélène Rasquier, qui rappelle la musique ténébreuse du film noir.

Le son riche et somptueux de Javier Oviedo séduit le public, et on entend souvent le mot « révélation », puisqu’il change pour toujours l’idée que l’on se fait du saxophone. Jean-Pierre Schmitt le dirige avec délicatesse car ils ont développé une véritable collaboration d’artistes. Javier Oviedo constate que “Le défi, c’est l’acceptation du saxophone en tant qu’instrument classique—c’était le but”. Ces musiciens présenteront des concerts en juillet en France et commenceront leur saison à New York le 13 octobre avec quatre concerts au DiMenna Center.

 

 

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