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La nuit blanche de Frédéric Jardin et Tomer Sisley

Dix ans après son dernier film, Cravate Club, Frédéric Jardin, accompagné de son acteur principal Tomer Sisley, a présenté dimanche dernier Nuit Blanche (Sleepless Night), à l’affiche du festival de TriBeCa jusqu’au 27 avril. Ce film noir raconte l’aventure palpitante d’un père qui tente de libérer son fils des mains de mafieux au cœur d’une boîte de nuit bondée.

C’est un virage à 180 degrés pour Frédéric Jardin. Après trois comédies et deux projets avortés, le réalisateur change de registre et se lance dans le film noir avec Nuit Blanche, son dernier long-métrage. Le film suit le personnage de Vincent, type banal, flic et père médiocre. Après avoir dérobé un sac de cocaïne à des trafiquants, son fils est pris en otage. Un échange enfant-marchandise doit se faire dans une boîte de nuit parisienne, mais rien ne se passe comme prévu. Pris dans une spirale infernale, Vincent s’apprête à passer la nuit blanche la plus éprouvante de sa vie.

L’idée du film a germé il y a trois ans dans la tête de Frédéric Jardin. Poussé par Marco Cherqui, producteur d’Un Prophète de Jacques Audiard, le réalisateur se lance dans un genre qu’il envisage depuis longtemps : le film noir. “Je voulais faire un film sur un père et son fils, sur la filiation”, explique le réalisateur. Mais pas sur le modèle d’une comédie dramatique classique française, plutôt à travers un film d’action”.

Au fur et à mesure que se dessine le scénario, l’idée de la tragédie s’impose à Frédéric Jardin. Une unité d’action, de temps et surtout de lieu. “Je voulais placer l’histoire dans une discothèque. Je trouve que c’est un lieu fascinant, un mini-monde cauchemardesque avec la foule, les fêtards, le désordre… Ça m’intéressait de cacher le fils dans ce labyrinthe géant.”

Un “trip physique”

Embarquée dans l’aventure du personnage principal, la caméra colle au plus près des acteurs grâce à un cadrage très serré, jusqu’à parfois se confondre avec le point de vue de Vincent. “Je voulais que le spectateur ait l’impression de ne pas le lâcher”, continue Frédéric Jardin, “de vivre l’expérience de cette nuit intensément, avec lui, dans la panique d’un étau qui se resserre”. L’atmosphère oppressante devient étouffante quand la musique électro de la boîte de nuit vient se superposer à la musique du film. “Je n’ai pas hésité à bordéliser la bande son”, confie le réalisateur. “Je voulais mélanger la brutalité de la musique de la boîte à l’émotion qui pouvait se dégager de certains passages”.

Après quelques fausses notes dans les premières scènes, le spectateur se laisse vite prendre par l’histoire, portée par le jeu de Tomer Sisley, Joey Starr, Lizzie Brocheré, Julien Boisselier et Serge Riaboukine. Très soigné également, le travail de la photographie de Tom Stern, qui n’est autre que le directeur de la photographie de Million Dollar Baby de Clint Eastwood. “On s’est rencontrés à Paris lors du tournage du film Au-delà“, raconte Frédéric Jardin. “Il a aimé le scénario et je crois que cela l’amusait de se lancer dans un petit film français, fait dans une réalité économique très différente de ce qu’il connaissait.”

Concernant le rôle de Vincent, Tomer Sisley le présente simplement comme un “père médiocre”. “Quand il court, il transpire, quand il dévale les escaliers trop vite, il se casse la gueule. Ce n’est pas Bruce Willis, ni Liam Neeson. Ce n’est pas un surhomme, ce n’est pas un héros”. Jamais doublé sur le plateau, Tomer Sisley sortait à l’époque du tournage de Largo Winch 2. “Les gens ne me croient pas mais entre les deux films, tout ce que j’ai essayé de faire c’est de prendre du poids et de perdre mes abdos, pour être le moins en forme possible”. Quant à son expérience de tournage, Tomer Sisley en garde deux impressions bien particulières. “C’était à la fois très agréable car Frédéric Jardin me laissait beaucoup de liberté, mais pénible également car tous les jours, pendant neuf semaines, il me fallait croire que je risquais de perdre mon fils.”

Si Frédéric Jardin et Tomer Sisley sont très enthousiastes à l’idée de collaborer à nouveau, ils travaillent pour le moment sur deux projets distincts. Frédéric Jardin, en écrivant son nouveau thriller, Viscéral, semble avoir adopté le genre du film noir. “J’ai commencé trop tôt”, explique-t-il. “J’ai réalisé mon premier film à 24 ans. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir trouvé mon style. J’ai envie de creuser ce sillon-là”. Son film racontera l’histoire d’une femme chirurgien prise dans les méandres d’une histoire d’amour. Tomer Sisley, lui, tourne actuellement un film franco-israélien à Tel-Aviv et passera bientôt derrière la caméra. Son scénario, en attente de financement et inspiré d’une histoire vraie, relate le parcours d’un boxeur, devenu le plus jeune champion du monde dans les années 30 avant d’être déporté à Auschwitz.

Nuit Blanche, très mal distribué en France, sort le 11 mai sur les écrans américains. Le studio Warner a déjà racheté les droits du film pour en faire un remake aux Etats-Unis.


Nuit blanche

 

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