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La pénurie à la pompe repoussée de quelques jours, la situation reste tendue

La situation restait tendue vendredi sur le front des carburants avec des pompes à sec partout en France et l’oléoduc alimentant les aéroports de Roissy et Orly à l’arrêt, même si le déblocage de plusieurs dépôts pétroliers semble repousser de quelques jours la menace d’une pénurie.

L’oléoduc approvisionnant en carburants les deux aéroports parisiens, les dépôts du sud de la capitale et de la région Centre ne fonctionne plus faute de produits pétroliers.

“L’aéroport d’Orly a 17 jours de stocks et Roissy a des stocks”, a indiqué une porte-parole de la société Trapil, qui gère ce pipeline. Elle a précisé ne pas avoir de “visibilité au-delà de ce week-end” sur la reprise des approvisionnements à Roissy.

Aéroports de Paris a cependant assuré n’avoir “pas d’inquiétude” quant à la situation. “On dispose de plusieurs jours de stocks”, a fait valoir une porte-parole du gestionnaire des aéroports de Roissy et Orly.

“La situation est extrêmement tendue. Tout dépend désormais de la manière dont va être traité le déblocage des dépôts”, prévient Alexandre de Benoist, délégué général de l’Union des Importateurs indépendants pétroliers (UIP).

Les forces de l’ordre sont intervenues vendredi pour déloger les manifestants contre la réforme des retraites empêchant les camions citernes de s’approvisionner aux dépôts de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), Bassens (Gironde) et Cournon d’Auvergne (Puy-de-Dôme).

De nouveaux dépôts ont cependant été bloqués au Mans, Caen et La Rochelle notamment.

Du côté des raffineries, le mouvement s’amplifie avec l’entrée en grève du site d’Esso à Gravenchon (Seine-Maritime) et de celui de Petroplus à Reichstett (Bas-Rhin). Les 12 raffineries métropolitaines sont désormais en grève.

Quant aux stations-service, elles étaient asséchées par centaines (sur un réseau de 12.500) dans toute la France, selon l’UIP.

Le groupe pétrolier Total, qui gère le plus grand réseau de stations-service en France, a fait état de “150 à 160 stations-service fermées ou en rupture d’un produit ou de plusieurs produits” à la date de jeudi.

Les distributeurs de carburant se félicitaient toutefois des mesures prises par le gouvernement pour alléger la pression : levée de certaines restrictions techniques aux importations ou possibilité de recourir aux “stocks de réserve”.

“La possibilité de recourir aux +stocks de réserve+ nous donne plus de flexibilité pour alimenter les automobilistes. Globalement, cela repousse le risque de pénurie de plusieurs jours”, s’est réjoui vendredi le président de l’Union française des Industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky.

Le gouvernement a autorisé jeudi le déblocage “des réserves propres des opérateurs” pétroliers “qui représentent entre 10, 12 jours de consommation”.

Ces réserves font partie des “stocks stratégiques” de la France, selon une source proche du dossier. Le gouvernement refuse d’employer l’expression pour ne pas accroître la panique alors que la consommation d’essence a augmenté en raison de la ruée des automobilistes à la pompe.

La France dispose de 17 millions de tonnes de pétrole brut et de produits pétroliers de stocks stratégiques, soit 98,5 jours de consommation.

Les distributeurs ont reçu l’autorisation de piocher dans ces stocks à hauteur de 10 jours de consommation.

“La crise commence à déborder des frontières françaises. On sent son impact sur les marchés européens car la France importe de plus en plus de produits pétroliers”, a souligné le président de l’Ufip.

En temps normal, la France importe déjà 13 millions de tonnes de gazole par an, carburant le plus utilisé en France.

 

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