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La question cubaine menace le premier sommet des Amériques de Barack Obama

Les dirigeants de 33 pays des Amériques rencontraient pour la première fois en sommet vendredi à Port of Spain, capitale de Trinidad et Tobago, le président Barack Obama, mais les retrouvailles avec les Etats-Unis semblaient menacées par la question cubaine.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé, à quelques heures du début du sommet, qu’il allait censurer dimanche la déclaration finale, estimant qu’elle fait l’impasse sur l’embargo imposé contre Cuba par Washington depuis 1962. Les présidents latino-américains sont favorables à une levée de cet embargo mais la plupart d’entre eux parient, à l’instar du brésilien Luiz Inacio “Lula” da Silva ou de la chilienne Michelle Bachelet, sur un processus graduel.

Hugo Chavez voudrait, lui, exiger d’Obama la levée pure et simple de l’embargo. Lors d’une réunion au Venezuela, à la veille du sommet des Amériques, les présidents du Nicaragua, du Honduras et de la Bolivie se sont joints à lui et au dirigeant cubain Raul Castro pour présenter un front uni face aux Etats-Unis.

Cuba, exclue de l’Organisation des Etats américains (OEA) depuis 1962, n’est pas invitée à participer aux sommets des Amériques.

Soucieux d’empêcher que cette question ne gâche les retrouvailles de son pays avec l’Amérique latine, Barack Obama avait ordonné dès lundi la levée des restrictions sur les voyages des Américano-Cubains et les transferts d’argent vers l’île communiste. Il a réclamé jeudi que La Havane montre “des signes de changement” afin de permettre un plus grand dégel.

Le président Obama a proposé aux Latino-Américains d’amorcer “un nouveau départ” avec les Etats-Unis, s’engageant à en finir avec les pratiques unilatérales. “Trop souvent, les Etats-Unis n’ont pas recherché ni maintenu le dialogue avec leurs voisins”, reconnaît-il dans une tribune publiée jeudi dans des journaux d’Amérique latine.

Il fait valoir que “promouvoir la prospérité, la sécurité et la liberté des peuples des Amériques dépend de la conclusion de partenariats du XXIe siècle, libérés des attitudes rigides du passé”. Cette attitude était saluée jeudi soir par des diplomates latino-américains. “Nous avons l’espoir que les Etats-Unis du président Obama apprennent à mieux connaître la réalité de l’Amérique latine”, a dit à l’AFP le secrétaire d’Etat argentin aux Affaires latino-américaines, Agustin Colombo-Sierra.

Dans les délégations latino-américaines on voulait croire que le président vénézuélien n’irait pas jusqu’à provoquer un échec du sommet de Trinidad, une île qui se trouve au large du Venezuela, puisqu’un tel résultat ne manquerait pas de se retourner contre lui dans une région stratégique.

Après une réunion des ministres des Affaires étrangères dans la matinée, la session inaugurale devait avoir lieu à 17H00 locales (21H00 GMT) en présence des chefs d’Etat et de gouvernement.

Ce sommet, une première pour les Caraïbes, pourrait permettre à Trinidad et Tobago, petit pays méconnu de 1,3 million d’habitants, de renforcer son influence au sein de l’OEA et le poids de cette région dans le monde.

Quatre ans après le sommet de Mar del Plata (Argentine), miné par des manifestations anti-américaines qui avaient poussé le président George W. Bush à le quitter avant la fin, le choix d’une île et les mesures de sécurité adoptées devraient rendre plus difficile toute manifestation de grande ampleur.

Le sommet devait aborder également la question de l’injection de 750 millions d’euros dans l’économie mondiale décidée lors du G-20 à Londres et de la façon dont elle pourrait bénéficier à l’Amérique latine et aux Caraïbes.

 

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