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La reprise Barbancourt en Haïti

Barbancourt, célèbre producteur de rhum haïtien, a relancé sa production 15 jours après le tremblement de terre survenu en janvier. Thierry Gardère, patron de la société, n’est pas du genre à se laisser abattre malgré les pertes occasionnées par le séisme.

Il a ce rire haïtien, franc et contagieux. Thierry Gardère, patron de la célèbre marque de rhum haïtien Barbancourt, a tourné la page du terrible tremblement de terre qui a dévasté son pays et fait plus de 250 000 morts le 12 janvier dernier. « Nous avons redémarré nos activités 15 jours après le séisme », raconte-t-il calmement. « C’était important car 4 000 petits planteurs travaillent avec nous ». Les familles de réfugiés de la catastrophe sont encore sur le terrain de football de l’entreprise à Port-au-Prince, mais la production de rhum et l’embouteillage ont repris. « Pour l’instant, nous avons décidé de nous concentrer sur nos ventes à l’étranger et notamment aux États-Unis qui représentent 20 % de notre chiffre d’affaires », poursuit Thierry Gardère.

Barbancourt assure 250 emplois directs et fait partie des 20 plus grosses sociétés haïtiennes. Le tremblement de terre a fait tomber des barriques de rhum, provoqué la perte d’environ un million de litres d’alcool et fait de la distillerie de Barbancourt une bombe potentielle. « Heureusement que personne ne s’est approché de chez nous avec une cigarette », glisse Thierry Gardère en souriant. « Cela aurait pu provoquer une explosion. »

Avant le tremblement de terre, Barbancourt produisait 3 millions de litres de rhum. « Ce sera bien si nous arrivons désormais à en produire 2 millions », poursuit le patron de l’entreprise familiale. « Nous avons perdu 3 mois de ventes. » Notamment sur le marché haïtien qui représentait 50 % du chiffre d’affaires de Barbancourt. « Le séisme a mis un frein à notre expansion », ajoute Thierry Gardère. « Je pense qu’il nous faudra 2-3 ans avant d’atteindre à nouveau le niveau que nous avions avant le 12 janvier. »

Fondé en 1862 par Dupré Barbancourt, un homme qui était originaire de Cognac, Barbancourt utilise la double distillation et le vieillissement en fût de chêne du Limousin, comme le cognac. La célèbre maison haïtienne en a vu d’autres après avoir traversé les générations et les périodes d’instabilité dans le petit pays des Caraïbes. « Nous avons beaucoup souffert de l’embargo commercial aux États-Unis, notamment au début des années 90 », souligne Thierry Gardère. « Une fois que celui-ci a été levé, nous avons mis longtemps pour retrouver notre clientèle américaine ».

Aujourd’hui, le patron de Barbancourt contemple l’avenir avec sérénité. « Les choses se remettent lentement en place », remarque-t-il. « Je viens de faire détruire ma maison qui avait été endommagée par le séisme. Nous reprenons nos ventes. Et Haïti s’est remis en marche », conclut-il.

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