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La revanche de la voiture électrique

C’est au 3500 Deer Creek Road, à Palo Alto, dans un bâtiment dénué de charme à quelques mètres de l’université de Stanford, que se joue l’avenir de la voiture de demain. Nous sommes au siège de Tesla Motors. Ici, une équipe composée des meilleurs ingénieurs au monde teste les premiers  Model S, une berline de 7 places à la ligne épurée, 100 % électrique, made in Californie. Elle devrait être commercialisée au cours de l’année 2012. Elon Musk, le co-fondateur de Tesla, ne quitte pas ses baskets. Il a fait fortune en revendant sa société de paiement en ligne Paypal. Et aujourd’hui, il en est persuadé : la voiture électrique représente l’avenir de l’homme et de la planète.

Pour réussir son pari, Elon Musk s’appuie sur un Français : Jérôme Guillen. Cet ingénieur est le directeur du programme Model S. Il a la tâche délicate de s’assurer que le développement du véhicule se poursuit dans les délais impartis (voir interview). Il nous conduit dans un atelier d’assemblage rutilant pour nous présenter la voiture.  « Je ne connais aucun constructeur au monde qui accepterait de montrer ainsi les premiers prototypes de ses voitures », précise Jérôme Guillen, qui occupait précédemment le poste de directeur de l’innovation chez Daimler, le constructeur allemand, avant d’être débauché par Tesla en décembre dernier. Le Model S est une beauté, à la structure tout en aluminium, et qui présente l’originalité d’avoir une batterie plate (et échangeable) localisée sous toute la partie inférieure du véhicule. « Cela permet une distribution du poids parfaite et de baisser le centre de gravité de la voiture, qui est un plaisir total à conduire », explique fièrement Jérôme Guillen. Un plaisir à recharger également ? Qui dit voiture électrique, dit autonomie parfois insuffisante. La batterie du Model S durera, selon les modèles, de 160 Miles (257,4 Kilomètres) à 300 Miles (482,8 kilomètres). Le tableau de bord, constitué d’un écran de 17 pouces, ferait pâlir d’envie les créateurs de l’I Pad. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard, Tesla a recruté un bon nombre de ses designers chez Apple.

Une saga nommée Tesla

Le Model S, c’est le premier bébé 100 % Tesla. Une histoire qui remonte à 2003, naissance officielle de l’entreprise. Au départ, une petite start-up implantée au cœur de la Silicon Valley fondée par des ingénieurs qui  se sont donné pour défi d’imposer la voiture électrique au pays des SUV. Cinq ans plus tard, en 2008, le Roadster de Tesla, un bolide tout électrique  à $ 110 000 pièce fait son apparition sur les routes. La carrosserie, signée Lotus, est la reproduction parfaite du modèle Elise. Le Roadster part à la conquête des milliardaires d’Hollywood et de la Silicon Valley.  George Clooney, Brad Pitt et Matt Damon s’offrent ce joujou. Mais aussi Al Gore, nouveau pape de la lutte contre le réchauffement climatique.  Il faut dire que la voiture est sexy. Appuyez sur l’accélérateur et vous passerez de 0 à 100 km heure en moins de 4 secondes, le tout dans un silence de mort, grâce à la magie d’un bloc de batteries au lithium-ion à $ 20 000 l’ensemble.

À ce jour, seuls 1650 « happy few » ont entre leurs mains ce roadster. Les sceptiques martèlent qu’il ne s’agit que d’un caprice de millionnaire, que la voiture verte n’existe pas, que les batteries au lithium-ion n’ont pas d’avenir.   Elon Musk lui, ignore les critiques et annonce l’arrivée sur le marché en 2012 du Model S, une voiture familiale, presque deux fois moins chère que le Roadster. Deux fois moins chère certes, mais chère tout de même : il faudra compter entre $ 49 900 et $ 69 900. La voiture du futur est loin d’être la voiture du peuple. Mais Toyota et Daimler semblent y croire, puisqu’ils achètent des parts dans la compagnie. En juin 2010, Tesla Motors, qui n’a pas encore enregistré de profits, fait son entrée en bourse. L’entreprise ambitionne de construire 20 000 Model S par an, une goutte d’eau dans l’océan qu’est en passe de devenir le marché de la voiture électrique.

La Nissan Leaf élue voiture de l’année

Un marché devenu compétitif, à l’heure où Barack Obama veut faire des États-Unis le premier parc mondial, avec un objectif d’1 million de voitures électriques en circulation d’ici 2015. « Tesla a réhabilité la voiture électrique aux États-Unis », jure Chris Paine, le réalisateur de Revenge of the Electric Car (La revanche de la voiture électrique, ndlr). Ce documentaire, présenté en avant-première  au festival de Tribeca à New York en avril dernier, raconte comment Elon Musk, le patron de Tesla, Bob Lutz, l’ancien patron de GM et Carlos Ghosn, le patron de Renault-Nissan ont tous les trois misé gros sur la voiture électrique. « Si GM, avec la Volt, et Nissan, avec la Leaf, se sont mis à produire des voitures en 2011, c’est parce que Tesla Motors leur a posé un vrai défi », explique Chris Paine. Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, a investi 5 milliards pour développer la Leaf qui vient de recevoir le statut convoité de « voiture de l’année ». Et le patron charismatique fait cette prédiction : « Le véhicule électrique sera à la voiture ce que l’iPhone est au téléphone

Pour en savoir plus :

http://www.revengeoftheelectriccar.com/

http://www.teslamotors.com/

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