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La situation fiscale de Liliane Bettencourt intéresse la justice

L’affaire des enregistrements pirates chez la milliardaire Liliane Bettencourt, qui a continué samedi à susciter une violente polémique politique, devrait prochainement déboucher sur un nouveau volet judiciaire avec l’ouverture d’une enquête pour blanchiment de fraude fiscale.

Plus de deux semaines après la publication par Médiapart et Le Point d’extraits d’enregistrements réalisés chez l’héritière de L’Oréal, le parquet de Nanterre devrait très prochainement lancer des investigations sur la situation fiscale de Mme Bettencourt et de ses proches.

Le parquet de Nanterre, dirigé par Philippe Courroye, a soumis “une analyse juridique” au procureur général de Versailles, Philippe Ingall-Montagnier, et, “par ricochet, à la Chancellerie”, a révélé le Journal du dimanche.

“Nous attendons une confirmation technique de la police, sur la validité des enregistrements et envisageons effectivement une enquête pour blanchiment et une saisine du fisc”, a précisé au JDD M. Ingall-Montagnier.

Mme Bettencourt, 87 ans, et son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, pourraient alors être entendus dans le cadre de cette enquête préliminaire et s’expliquer sur les soupçons de fraude fiscale, notamment en Suisse, qu’ont fait naître les enregistrements.

“C’est au procureur de la République d’apprécier si une enquête est nécessaire à la manifestation de la vérité. Le ministre de la justice n’entend pas et de toutes les façons ne peut pas empêcher l’ouverture de quelque enquête que ce soit. C’est la loi”, a réagi samedi la Chancellerie, contactée par l’AFP.

M. de Maistre avait reconnu samedi dernier dans un entretien au Figaro l’existence de deux comptes en Suisse non déclarés d’une valeur totale de 78 millions d’euros.

Mais, avait-il ajouté, “je n’ai participé à aucun transfert d’argent entre des biens de Mme Bettencourt situés en France et un paradis fiscal. Les choses sont claires (…) S’il y a eu des négligences, ce n’était pas volontaire (de la part de Mme Bettencourt)”.

Florence Woerth, salariée entre 2007 et juin 2010 de Clymène, la société en charge de la gestions des actifs de Mme Bettencourt, pourrait elle aussi être auditionnée par les policiers. L’épouse du ministre du Travail a dénoncé samedi sur BFM-TV “l’injustice”, les “mensonges” et “calomnies” dont son mari est, selon elle, la victime dans l’affaire Bettencourt.

Un tel développement ne devrait pas contribuer à apaiser le climat politique autour de cette affaire, en dépit de l’appel commun lancé samedi par Simone Veil et Michel Rocard dans une tribune publiée dans Le Monde.

S’exprimant comme membres du club politique Vauban, l’ex-Premier ministre socialiste et l’ancienne ministre centriste se disent “profondément inquiets” de “l’état du débat public -si tant est qu’il s’agisse vraiment d’un débat- autour d’une +affaire+ qui fait les titres de la presse”.

“Nous prenons la parole ensemble pour affirmer haut et fort qu’il est temps, grand temps, de dire +Halte au feu !+” d’autant que l’actualité donne “de la scène sportive à la scène médiatique, suffisamment d’exemples d’intolérance et d’intempérance pour que les responsables politiques s’abstiennent d’apporter du grain à moudre à la broyeuse populiste”.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a appelé Nicolas Sarkozy à “tirer les conséquences” de cette situation “nauséabonde”. “Le bouclier fiscal, le mélange des genres entre M. Woerth, son épouse et Mme Bettencourt, sa fonction de trésorier de l’UMP, tout ça, objectivement, nécessite de faire un peu le ménage”, a-t-il jugé.

 

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