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La socialiste qui veut représenter les Français d’Amérique du Nord

A une semaine des résultats du second tour des législatives, Corinne Narassiguin (PS-EELV) espère devenir la première députée des Français d’Amérique du Nord. Après un an de campagne, elle a réussi à faire douter la droite, à qui l’on annonçait une victoire facile.

France-Amérique : Vous avez une chance de gagner une circonscription réputée imperdable pour la droite lors de sa création. Avez-vous l’impression de pouvoir réaliser un vrai coup ?

Corinne Narassiguin : Je pense avoir bien réussi ma campagne. Même à l’époque, quand on ne savait pas qui était notre adversaire à l’UMP, qu’on disait la victoire improbable, on a fait notre travail de terrain. Et puis, on a eu le sentiment petit à petit que le rapport gauche-droite se resserrait en Amérique du Nord. La victoire de François Hollande a aussi joué en notre faveur. Je suis consciente que tout le monde serait surpris si je venais à gagner. Mais pour moi ce serait tout simplement la continuité de la campagne.

Pensiez-vous que la campagne serait si difficile, à coup de communiqués de presse et de petites phrases ?

On s’en doutait car la droite partait en terrain conquis. Elle se disait que c’était gagné d’avance, qu’il suffisait de passer le premier tour pour être élue au second. Mais la campagne s’est tendue depuis que l’UMP s’est rendue compte que la gauche pouvait l’emporter. Mais on a été capable de prendre des coups et d’affirmer nos positions. Quand on a en face de soi un ancien porte-parole, un sniper de l’UMP, on s’attend à une campagne difficile. Si je m’implique de l’étranger, c’est aussi pour montrer qu’on peut faire de la politique autrement.

Quelle est la légitimité du poste, quand on sait que la participation n’a atteint que 20,4% au premier tour ?

La question de la légitimité est normale. J’espère d’ailleurs que la participation va être plus forte au second tour, de 30% au moins. Mais je pense que la crédibilité de ces postes de députés de l’étranger viendra du travail qu’ils vont effectuer. C’est pour cela qu’il est important d’élire des députés avec une capacité d’action et une compréhension du quotidien des Français de l’étranger.

Vous avez fait de nombreuses promesses lors de votre campagne, mais quelle sera votre marge de manœuvre à l’Assemblée ?

La majorité des promesses sont en cohérence ou déjà existantes dans le projet de François Hollande. C’est sûr que ça ne se fera pas en un jour. Mais nous n’avons rien proposé de particulièrement inacceptable pour la majorité présidentielle. Je ne compte pas quémander des faveurs pour les Français de l’étranger. Je veux tout simplement inclure les expatriés dans la stratégie nationale.

Parmi vos mesures, vous évoquez la mise en place d’un RSA consulaire…

C’est un projet de la Fédération des Français de l’étranger que je soutiens. Je ne sais pas s’il y aura un budget dégagé dès la première année pour cette mesure. Mais il est évident qu’il faut une meilleure aide sociale pour les expatriés. Elle permettrait à des personnes qui ont perdu leur emploi, par exemple, de ne pas tomber dans l’appauvrissement total.

L’accès aux soins est l’une des mesures phares de votre programme. Cela implique-t-il nécessairement une réforme de la Caisse des Français de l’Etranger ?

Autant améliorer ce qui existe déjà, plutôt que de créer à partir de rien. Néanmoins, il est vrai que la Caisse des Français de l’Etranger (CFE) se comporte comme une caisse privée. C’est pourquoi nous devons lui donner plus d’obligations pour qu’elle soit abordable et compétitive en Amérique du Nord. Elle se doit aussi d’offrir des mutuelles, avec des remboursements à hauteur des coûts médicaux aux Etats-unis et au Canada.

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