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La Terre vue du solex

Ophélie et Paul-Henri Vanthournout, deux jeunes Français de Saint-Omer sont en train de relever un pari fou : faire le tour du monde en vélosolex. En escale à San Francisco, les deux aventuriers, qui ne roulent pas que pour la performance, sont revenus sur leur démarche.

Alors que la nuit tombe sur San Francisco, des rires s’échappent d’un garage illuminé du quartier de Mission. Les employés de 1977 Mopeds, petites moustaches rétro de circonstance, fraternisent avec leurs nouveaux amis français, qui s’affairent depuis deux jours sur des cyclomoteurs qui ont déjà vu deux continents. « En général, la réaction des gens, c’est : “Mais ça roule encore, ça, les solex ? Je croyais que c’était un truc des années 70 !” », raconte Paul-Henri, 24 ans, le cheveu fou et le regard passionné. « Même les associations d’amateurs de solex ne croyaient pas qu’on arriverait à faire le tour du monde », confie sa sœur Ophélie, 21 ans. Pourtant, avec déjà 5 000 kilomètres au compteur depuis leur départ de France en juillet 2009 et des étapes spectaculaires comme la Cordillère des Andes à leur actif, les deux jeunes Français semblent bien partis pour boucler leur périple de 20 000 kilomètres autour du monde.

La mécanique de la débrouille

Il y a quelques mois encore, Ophélie et Paul-Henri n’étaient pas particulièrement férus de cyclomoteurs. Eux qui n’avaient jamais mis les mains dans un moteur de solex sont devenus par la force de la nécessité des experts en mécanique. « Il y a des choses à réparer tous les deux jours. Mais ce qui nous prenait deux heures à régler au début nous prend maintenant dix minutes », explique Paul-Henri. La passion du voyage et des rencontres interculturelles a été une motivation suffisante pour ces deux anciens scouts en quête de sensations. Initialement attirés par un tour du monde à vélo, les deux jeunes gens lui ont préféré le solex, ce cyclomoteur léger qui permet de rouler à environ 30 km/h, une vitesse idéale pour apprécier les paysages et aller à la rencontre des gens.

Un jour, un sourire

Une aventure mécanique et humaine qu’ils ont aussi voulu rendre utile : les bénéfices des conférences qu’ils donneront à leur retour iront à une association de micro-crédit qu’ils auront pris le temps de choisir lors de leur voyage. « L’envie de voyager est égoïste, reconnaît Paul-Henri. Mais si on peut en profiter pour venir en aide aux gens, c’est encore mieux ». Encore émue des rencontres inoubliables faites en Amérique du Sud, Ophélie énumère les personnages qui l’ont marquée. « Même si on ne rentre dans la vie des gens que peu de temps, ce sont des relations intenses, réfléchit-elle. On est les enfants, les frère et sœur de plein de gens maintenant. » Sur leur site internet, les deux jeunes Nordistes mettent un point d’honneur à publier quasiment chaque jour dans la rubrique « Un jour, un sourire » un portrait d’une personne rencontrée. Pour financer leur périple, Ophélie et Paul-Henri ont reçu le soutien de quelques sponsors mais recherchent encore des fonds pour mener à bien leur aventure et songent à faire appel aux dons de particuliers. En attendant leurs bagages bloqués à l’aéroport de Lima, le frère et la sœur ont déjà les yeux tournés vers leur prochaine étape : l’Asie du Sud-Est.

http://www.avelosolex.com/

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