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La tournée électrique de Wax Tailor

C’est au sous-sol de l’Apple Store de la Cinquième Avenue, à New York, que France-Amérique a rencontré Wax Tailor, en train de tester les différentes enceintes de la marque. L’artiste français entame ce jeudi une tournée de dix dates américaines afin de promouvoir son nouvel album Dusty Rainbow From The Dark.

France-Amérique : Comment s’est fait le choix des villes pour la tournée, qui sont assez inhabituelles pour un artiste français ?

Wax Tailor : D’habitude on tourne toujours sur les marchés principaux : Los Angeles, San Francisco, Seattle, Montréal, New York, Washington, Miami… J’avais envie de faire d’autres villes. Denver, par exemple, c’est une ville qui compte sur la scène musicale. Tout comme Austin. San Diego, on le fait parce qu’il y a une vraie demande. Je gère les réseaux sociaux et j’essaie de voir où j’ai un public, là où les radios me passent. Je savais qu’à San Diego, le concert serait très rapidement complet.

Qui est ton public aux Etats-Unis ?

Il y a des Américains et des Français et c’est ça qui est intéressant. Faire un concert exclusivement devant des Français à l’autre bout du monde, ça peut être un peu frustrant. Mais inversement, ce n’est pas négligeable d’en avoir quelques-uns. D’autant que ce sont souvent eux qui amènent des amis étrangers au concert. C’est grâce à eux si aujourd’hui je joue devant moins de 50% de Français, ce qui n’était pas le cas lors de mes premières tournées en Amérique du Nord. Quand on est venu en octobre à New York, on a senti pour la première fois une large minorité de francophones.

Tes fans américains sont-ils au courant que tu es Français ?

Pas toujours. Même des Français en France viennent me voir et me parlent en anglais à la fin d’un concert.

Ton dernier album, Dusty Rainbow From The Dark, étonne par la complexité de la partie instrumentale notamment. Comment construis-tu tes musiques ?

Les gens font souvent un amalgame et pensent que l’on ne fait que récupérer des sons, des samples venant d’autres musiques. Mais je m’en sers juste comme texture pour recomposer mes propres éléments. Le sample est un échantillon. Je prends une note de ce son, je la pose sur un clavier. Et à partir de là, je compose une mélodie différente.

Les fans de Wax Tailor reconnaîtront tout de suite ton style sur ce nouvel album. Comment travailles-tu pour garder ton identité sonore sans te répéter ?

Je comprends que certains trouvent que j’applique la même recette sur chacune de mes musiques. Je réfléchis toujours à ne pas faire de redite quand j’écris. Mais ça ne veut pas dire trahir mon environnement sonore. C’est une signature à laquelle je tiens. Je continue de creuser un sillon, sans en sortir, et j’y injecte des nouveautés.

Pourquoi être venu à New York écrire cet album ?

J’avais une belle excuse dans les mains pour venir ici. J’ai de plus en plus envie de New York. Je réfléchis à accepter quelques projets pour passer plusieurs mois de l’année ici. C’est très cliché mais l’énergie que dégage la ville est une aubaine pour un artiste. Dès que j’arrive à New York, j’ai le punch, je suis de bonne humeur. J’ai beaucoup de références culturelles qui sont ancrées ici.

Le cinéma américain est une forte influence dans tes musiques et tu utilises souvent des dialogues de films dans tes chansons. D’où te vient cet attrait ?

C’est une question de langue. L’anglais est beaucoup plus musical. En trois mots, tu peux dire quelque chose de fort qui fait sens. Là où en Français il faudra une longue phrase, plus littéraire. Rythmiquement, j’entends parfois des phrases en anglais qui, dans ma tête, sonnent comme des mélodies.

Est-ce que tu serais intéressé par l’idée de réaliser une bande originale pour un film américain ?

J’ai eu pas mal de propositions de travail pour le cinéma, dont une fois aux Etats-Unis pour un film indépendant. Mais j’attends d’avoir le sentiment que ce sera pertinent.

Comment expliques-tu le succès des groupes électro-pop français aux Etats-Unis, qui va beaucoup plus loin que Daft Punk et Phoenix ?

Il y a eu une phase French touch avec Air et Daft Punk qui est très différente de ce qui se passe aujourd’hui. A l’époque, c’était un phénomène international lancé par les maisons de disques. C’était une machine. La scène indépendante qui perce aujourd’hui se construit différemment grâce à Internet. La scène française anglophone est décomplexée. Grâce à la réussite il y a dix ans de Daft Punk, les artistes français ont commencé à se dire ‘pourquoi on pourrait pas s’exporter ?’. Comme je le disais, la plupart des gens ne savent que je suis français. La musique est universelle.

Est-ce difficile aujourd’hui de faire de l’électro quand des personnes se présentent comme DJ’s alors qu’elles ne font aucun travail de mixage ?

DJ est un mot général qui ne veut plus dire grand chose. Le moindre mec people que l’on met derrière des platines est un DJ. Il y a une confusion. Parfois, des gens me disent qu’ils ne comprennent pas que je fasse du live. C’est un peu énervant. Ils ne voient pas le travail que je fais en direct sur la musique, sans compter les musiciens qui m’accompagnent sur scène. Mais ceux qui viennent me voir font la part des choses.

Pour plus d’informations : waxtailor.com

Toutes ses dates de concert aux Etats-Unis :

Denver le 24/01

Salt Lake City le 25/01

San Diego le 26/01

Phoenix le 28/01

Austin le 29/01

Dallas le 30/01

Lawrence le 1/02

St Louis le 2/01

Minneapolis le 5/02

Madison le 6/02

Indianapolis le 7/02

Chicago le 8/02

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